Tubize Westerlo, ou Fasano face à son passé de joueur pro

TUBIZE Quand on aime, on ne compte pas. Ainsi, le temps n'a guère eu d'emprise sur la relation privilégiée qui s'est nouée entre certains supporters de Westerlo et Mario Fasano. Le Carolo, auteur d'une remarquable saison 97-98 en Campine, aura l'occasion de regoûter à l'enivrant parfum de la D 1, samedi, face à son ancienne équipe. Et vu les nombreux messages de sympathie exprimés par les partisans des Jaune et Bleu sur le forum du site de Westerlo, nul doute que Mario aura un gros pincement au coeur lorsqu'il montera sur la pelouse du stade Leburton pour ce seizième de finale de Coupe de Belgique.

«Jusqu'à présent, je n'ai pas encore eu l'occasion de trop y réfléchir. Mais il est probable qu'un petit stress m'envahira samedi», avoue celui qui fit ses premiers pas parmi l'élite sous la casaque zébrée dans l'antre d'un Anderlecht alors emmené par Nilis, Bosman et Albert

Débuts tonitruants

Quelques mois plus tard, c'est la tête encore dans les étoiles que Mario Fasano descendait de deux échelons afin de se faire les os chez les Dogues. Trois saisons à la Neuville pour un apprentissage marqué par un titre de champion. Mais, alors que l'Olympic effectuait l'aller retour entre la D 2 et la D 3, trois des meilleurs éléments du second club de Charleroi voyaient leurs doux rêves de (re) conquête de l'élite se concrétiser: «En fait, les dirigeants de Westerlo étaient tombés sous le charme de Sergio La Valle. Mon transfert et celui de Toni Brogno se sont conclus dans la foulée. Le début d'une belle aventure»

L'ambiance familiale du Kuipje, la gentillesse de la population locale, un encadrement compétent : voilà des conditions idéales d'épanouissement pour Mario Fasano, titulaire pour le premier match de Westerlo en division 1. Et quelle première!

«Nous nous sommes imposés 4-1 devant Saint-Trond et j'ai même eu la chance d'inscrire un but.»

Incorporé au onze de base pendant les deux tiers de la saison, Fasano ne sera écarté que sur blessure. Un contretemps qui n'empêchera pas Charleroi, avec lequel Mario était toujours sous contrat, de rappeler son jeune arrière latéral au bercail: «Avec le recul, je me dis que ce fut une erreur de privilégier le coeur à la raison. Mais le Sporting était mon club formateur et j'avais tellement envie d'y percer. Malheureusement, j'y ai connu des problèmes extra-sportifs et je n'ai pas été capable de sortir la tête hors de l'eau.»

Après une année à galérer, Mario Fasano connaît tout comme Dandu Selenge et Geoffrey N'Goran la pire des vexations pour un footballeur : le rejet dans le noyau B: «C'est comme cela qu'en octobre 1999, je décidais de tenter l'aventure à Tubize, en division 3.»

Fonctionnaire européen

Fini le professionnalisme, place à la découverte des joies de la vie du sportif non-amateur : travail la journée et entraînement en soirée.

«Le plus dur, ce sont les embouteillages qui vous bouffent de l'influx nerveux», explique le footballeur-fonctionnaire de la Commission européenne qui connaît sur le bout des doigts le trajet Roux - Bruxelles - Tubize - Roux!

«Des journées harassantes mais qui me conviennent parfaitement. Je vis toujours ma passion pour le foot avec autant d'enthousiasme. Et pourquoi pas, un jour, regoûter aux joies de la division 1 avec Tubize», esquisse même celui qui, avec Remy et Buelinckx, forme le magnifique et redouté trio de gauchers de l'AFC Tubize.

© Les Sports 2003