Philippe Gilbert a une nouvelle fois impressionné en remportant avec maîtrise la classique basque

CLASICA SAN SEBASTIAN SAN SEBASTIAN Grand favori de la Clasica San Sebastian, Philippe Gilbert a une nouvelle fois tenu son rôle, samedi. Au terme d’une course nette et sans bavure, conclue avec une grande maîtrise tactique. S’il était déjà un fin tacticien avant cette saison en or, sa force et sa supériorité physique sur ses adversaires lui facilitent clairement la tâche. Et quand il est épaulé par un Jelle Vanendert cinq étoiles, comme samedi, seul un ennui mécanique semble en mesure de le priver de la victoire dans une course qu’il vise.

Avant-hier, il a d’abord laissé faire. Arrivé comme Vanendert au Pays Basque dans la nuit de vendredi à samedi, après avoir participé au critérium de Saint-Nicolas, Philippe Gilbert ressentait la fatigue d’une semaine d’exhibition non-stop dans la foulée du Tour de France. “Au début, le rythme était assez calme et je m’ennuyais un peu”, a raconté le champion de Belgique aux médias espagnols concernant la première partie de la Clasica San Sebastian. “Je n’étais pas vraiment concentré. Mais quand cela s’est accéléré, j’ai tout de suite été mieux.”

Son coéquipier Jelle Vanendert, qui a pris le même vol privé vendredi soir, confirme. “On a dormi le plus longtemps possible et on n’a pas eu le temps d’établir de plan.” Mais les Omega Pharma-Lotto n’en ont pas eu besoin. Les Euskaltel, toujours très motivés sur leurs terres, ont contrôlé l’échappée matinale (composée de Klaas Lodewyck, un coéquipier de Gilbert, Matt Brammeier, Julian Sanchez, Eloy Ruiz, Karsten Kroon et Murilo Fischer, ces deux derniers ont été les plus résistants, se faisant reprendre dans la seconde ascension du Jaizkibel).

Avant que Samuel Sanchez et Carlos Barredo ne lancent la finale dans le juge de paix de la classique basque, au Jaizkibel, à quarante bornes du but. Ce qui a forcé Gilbert à réagir, emmenant dans son sillage une dizaine de coureurs. “Ensuite, Jelle Vanendert a attaqué dans le col d’Arkale”, poursuit le Wallon, à propos de son coéquipier qui a été rechercher Stijn Devolder et était accompagné d’Haimar Zubeldia. “C’était parfait pour moi, je n’avais qu’à contrôler mes adversaires.” Soit Carlos Barredo, Samuel Sanchez, Frank Schleck, Joaquin Rodriguez, Greg Van Avermaet, Dries Devenyns et Rigoberto Uran. Et quand Vanendert a été repris, c’est lui qui a ramené ce groupe de tête sur Barredo, alors que celui-ci était sorti à moins de dix bornes du but.

“Jelle l’a bien contrôlé, en ne lui laissant que dix secondes d’avance, ce qui n’était pas dangereux”, raconte encore Philippe Gilbert, qui a sèchement démarré à 3,7 kilomètres de l’arrivée. “Dans la dernière petite légère montée, je savais que je devais y aller, démarrer très fort. Je sais que sur un effort de 30-40 secondes, presque personne ne peut me suivre. Je savais que c’était le bon moment, car après il ne restait que trois kilomètres et à ce rythme, tu es vite à l’arrivée. Avec une petite avance, je savais que ce serait suffisant.”

Il ne s’est pas trompé. Et ses adversaires ont dû rapidement s’avouer vaincus.

Julien Gillebert

Philippe Gilbert a encore fait étalage de toute sa science de la course à San Sebastian. photonews