Le champion du monde

et le double lauréat de la

Coupe du Monde ont clos

la polémique d'Hamilton

CÔME Finalement, pimenter l'après-course n'a rien de scandaleux, même si parfois il vaudrait mieux taire certaines vérités. Quand Igor Astarloa, après son titre mondial, a déclaré à certains plumitifs qui lui sont très proches que Paolo Bettini avait essayé de l' acheter, il n'y avait que les non-initiés pour crier à la vergogne. Mais on sait que dans le milieu, il y a des choses qui ne se disent pas tout haut.

Dans un premier temps, l'Italien a voulu porter plainte contre le Basque pour propos diffamatoires. Mais après réflexion, il s'est dit que cela ne servait à rien et il en est très bien ainsi car le cyclisme actuel est déjà suffisamment truffé comme ça d'affaires portées devant un tribunal.

Hier, à Côme, où sera donné ce samedi matin le départ du 97e Tour de Lombardie, Igor Astarloa a d'ailleurs tenu une conférence de presse officielle non seulement pour s'excuser publiquement mais aussi pour expliquer que ses paroles avaient, de très loin, dépassé ses pensées. On en prend acte sans évidemment en croire un traître mot.

Comme Camenzind en 1998?

Mais bon, tâchons de nous concentrer un strict minimum sur ce dernier devoir de l'année que le peloton s'apprête à accomplir. Et Igor Astarloa, précisément, n'est pas venu en Lombardie pour fumer seulement le calumet de la paix avec Paolo Bettini. «L'an dernier, raconte le coureur espagnol de la Saeco, j'ai disputé le Tour de Lombardie pour la première fois et j'ai directement compris que ce tracé était taillé à mes caractéristiques ( NdlR: il termina 23e à 27 secondes du vainqueur, Michele Bartoli ). Pour l'heure, je me sens très bien, la condition est parfaite et décrocher un bon résultat est, par conséquent, tout à fait dans mes cordes.»

Ce ne serait pas la première fois, du reste, qu'un maillot arc-en-ciel fraîchement élu s'en aille remporter la Classique des feuilles mortes. Il y a cinq ans, Oscar Camenzind y était parvenu sur la lancée de son sacre de Valkenburg. Et un an plus tôt, Laurent Jalabert s'y était imposé une semaine après avoir conquis à Saint-Sébastien le titre mondial du contre-la-montre.

Pour sa dernière course sous le maillot de la Saeco (pour rappel, le Basque roulera chez Cofidis en 2004 et 2005), Igor Astarloa aura à ses côtés deux équipiers qui en connaissent un sacré bout quand il s'agit du Tour de Lombardie. Tant Mirko Celestino en 1999 que Danilo Di Luca en 2001, en effet, ont déjà triomphé dans cette épreuve qui est classée, ne l'oublions pas, parmi les cinq monuments des courses d'un jour à l'instar de Milan-Sanremo, du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix et de Liège-Bastogne-Liège.

Cette année, il est bon de rappeler que la course s'élancera de Côme et non de Varèse, Côme qui avait abrité en 1961 une arrivée du Tour de Lombardie (succès de Vito Taccone). Les difficultés majeures, elles, sont inchangées avec la Madonna del Ghisallo (64 km), le Colle del Gallo (159 km), le Selvino (185 km), le Berbenno (221 km) et le Colle Aperto, cette dernière ascension programmée à Bergame, à quatre bornes de l'arrivée.

© Les Sports 2003