A défaut de morceaux, les passants ramassent

de la poussière

NEW YORK Les ruines du World Trade Center sont encore fumantes, que, déjà, des milliers de visiteurs s'amassent pour prendre quelques clichés historiques. Une situation qui a empiré encore, en cette fin de semaine, avec la réouverture du périmètre de sécurité qui coupait Manhattan en deux depuis plus d'une semaine. Désormais, le périmètre de sécurité permet d'approcher à une centaine de mètres de ce qui reste du WTC. Toute la journée, des milliers de visiteurs se pressent, le long du ground zero comme on l'appelle ici. Sous les invectives des policiers qui n'apprécient guère.

Parmi les passants voyeurs, beaucoup d'étrangers, mais aussi beaucoup de New-Yorkais. Certains se font prendre en photo devant les ruines, comme devant n'importe quel monument. Je le fais toujours, partout où je vais, explique un touriste danois. Pourquoi pas ici?

Au point le plus proche du sinistre, un homme fait un petit tas de poussières. Il la ramasse et la met dans la boîte d'un film photo. Mon père est pilote et toute notre famille est très affectée parce qui s'est passé pour les équipages des quatre avions, confie Kurt. C'est pour ça que je vais ramener ce petit souvenir. Un peu morbide non? Non, c'est la trace d'un fait historique qu'on devra raconter à nos enfants et petits enfants, poursuit le New-yorkais, visiblement très ému. Heureusement, personne n'a encore osé faire commerce de ce genre de souvenir. Tout simplement parce qu'ils sont rares, explique, excédé, l'agent de police Evola. Je suis sûr que s'il y a des morceaux de murs, il y aura des gens pour en vendre et d'autres pour en acheter. B. Gil.