L’avant-projet est prêt… les ministres wallons doivent le valider aujourd’hui

P.U.M… Trois lettres pour désigner ce Plan urbain de mobilité percu, à Liège, comme l’Arlésienne. Le document, censé régler tous les maux de mobilité en Cité ardente, est en effet attendu depuis 10 ans par les Liégeois. Mais tout vient à point à qui sait attendre : ce jeudi, le Gouvernement wallon doit valider l’avant-projet de ce fameux Pum : 150 pages abordant la mobilité de l’arrondissement.

La question est bien sûr : que contient-il ? Tout, est-on tenté d’écrire…. train, tram, bus, vélos, piétons, voitures ou encore parkings et axes structurants; tout ce qui doit permettre "d’organiser les éléments structurants des déplacements, du stationnement, l’accessibilité aux lieux de vie, à l’échelle de l’agglomération urbaine". C’est du moins l’objectif affiché de ce Pum, LE condensé de ce que doit être la mobilité liégeoise à l’horizon 2030. La DH et La Libre ont pu se pencher sur ce riche document. Détails…

Un constat tout d’abord : si Liège n’est pas Bruxelles, aux heures de pointe, la Cité ardente reste trop congestionnée. Car Liège, ce sont 200.000 habitants au registre de la population mais ce sont surtout 622.841 habitants dans l’arrondissement pour 284.982 ménages. Et demain (2035), on parle de près de 50.000 habitants supplémentaires. On va droit dans le mur.

Le travail, réalisé par un consortium mené par le bureau Pluris, a logiquement pu dégager plusieurs lignes de forces. Dont cette priorité pour le vélo qui doit voir sa part modale multipliée par 5 dans les prochaines années, tandis que la part de la voiture doit passer de 80 % à 63 %. Pour le bus et le train, on passerait respectivement de 4 à 10 % et de 9 à 15 %.

Sans surprise, le Pum confirme donc la place prépondérante des transports en commun. Le tram tout d’abord, opérationnel dès 2022 de Scelssin à Jemeppe, mais qu’il s’agit de "concrétiser en version longue", entendons vers Herstal Ma Campagne et vers le Pont de Seraing. En attendant ? Des bus… à haut niveau de service, sur la ligne 10 Saint-Lambert Fléron mais aussi la ligne 48 vers le Sart Tilman. Trois autres lignes sont évoquées en reliant le centre à Chênée, à Ans et au Sart-Tilman. Au total, on parle de 14 axes de bus structurants, de 3 lignes de rocade et de 2 interurbaines, vers Marche et vers Aywaille.

Le rail enfin jouera son rôle avec la concrétisation du réseau express liégeois (REL). Au menu : fréquence de 2 trains par heure aux heures de pointe, 6 lignes suburbaines (Liers-Marloie, Herstal-Verviers, Maastricht-Hasselt via Liège, Waremme-Liège, Huy -Herstal et Liers-Flémalle-Haute via Seraing), et la nécessité d’ouvrir 7 nouveaux points d’arrêts : Cheratte, Coronmeuse, Flémalle-Neuve, Many, St-Lambert, Vennes et Vivegnis, après l’ouverture en 2018 de Seraing, Ougrée et Chaudfontaine.

300.000 habitants "à portée de vélo"

Un réseau structuré avec 15 corridors et une offre de parking renforcée

En 10 ans à Liège, le nombre de cyclistes a quadruplé… mais ici, la part modale avoisine à peine les 2 %. Principale raison invoquée par les non cyclistes : la sécurité. Seules 15 % des voiries sont sécurisées et, surtout, ce réseau n’est pas continu. Les efforts en la matière sont donc encore considérables mais le Pum semble l’avoir compris. On y parle donc d’un réseau structurant, à l’échelle du bassin de vie liégeois. Ce qui passerait notamment par une offre de stationnement renforcée car jugée, actuellement, "insuffisante et peu structurée".

En priorité, il est proposé "d’accélérer la mise en œuvre de 15 corridors vélos à l’échelle de la première couronne, en s’appuyant sur le Ravel et en finalisant les chaînons manquants"… Dérisoire l’effet de ces corridors ? Aucunement selon les chiffres. Il apparaît en effet que, "à l’échelle de l’agglomération, les corridors cyclables permettraient d’aller chercher une part significative des 300.000 habitants qui sont à portée de vélo et plus particulièrement de vélos à assistance électrique (à moins de 10 km de Liège)".

Certains axes demanderaient un suivi supra local, notamment ces liaisons vers Seraing, vers Embourg via Chênée, vers Ans et Awans, vers Juprelle et Tongres, vers Oupeye via Herstal, vers Visé via Wandre et vers Neupré, via le Sart-Tilman.

D’autres liaisons, qui concernent plutôt le cyclotourisme, nécessiteraient quant à elles la finalisation de "liaisons longue distance" : le long de la Vesdre, entre Comblain et Aywaille ou vers Huy-Waremme, par la vallée ou via le plateau.

Le stationnement et les services doivent également être renforcés, aux abords des gares notamment (3.000 places), le long du tram (400) et du réseau de bus. Récemment, la Ville de Liège a déjà intégré cette obligation pour les promoteurs d’intégrer les besoins cyclables des futurs occupants.

Dans l’hypercentre enfin, là où les mesures précitées ne suffisent pas à satisfaire la demande, des solutions particulières sont à concrétiser en prévoyant : "des nouveaux parkings collectifs sécurisés dans l’hypercentre", place Léopold par exemple et "des emplacements dans les parkings existants", place Cathédrale notamment.

Et Liège d’atteindre ainsi la masse critique ?