Le versement des salaires du personnel a du retard. Les syndicats s’interrogent

ARCELORMITTAL SERAING Ce sont des représentants syndicaux fâchés qui, mardi en début d’après-midi, se sont présentés au centre acier de Flémalle, siège liégeois d’ArcelorMittal.

“Après avoir annoncé la mort à bref délai de la sidérurgie à chaud de Liège, le groupe ArcelorMittal a décidé d’organiser immédiatement l’étranglement financier de ses travailleurs”, regrette Robert Rouzeeuw, de la FGTB. “Payer les gens à temps et à heure n’a jamais été la spécialité du groupe, mais l’installation récente d’un nouveau logiciel de paiement, couplée à la centralisation de toutes les opérations à Flémalle, aboutit à des retards jamais constatés auparavant.”

En fait, les salaires de la fin octobre arrivent traditionnellement le 7 ou le 8 novembre. Cette fois-ci, la direction a annoncé un retard qui, joint au congé du 11 novembre, aboutira à ce que l’argent n’arrive sur les comptes que le 13 ou le 14, soit une semaine plus tard.

Pour les travailleurs en chômage économique, de plus en plus nombreux à Liège, les documents nécessaires ne sont pas encore envoyés aux organismes de paiement, alors qu’ils le sont habituellement vers le 2. Les chômeurs ne verront donc la couleur de leur indemnité qu’en milieu de semaine prochaine.

Selon la FGTB, les intérimaires ne sont pas non plus épargnés. “Vu l’absence de relevés de prestation, les sociétés versent désormais des acomptes réduits. Certes, M. Mittal n’a pas de problèmes de fin de mois, en tout cas pas qu’on sache. La direction locale non plus, et se soucie apparemment fort peu de ceux de ses travailleurs. Que les travailleurs de la sidérurgie doivent payer des traites, honorer des factures ou simplement acheter à manger n’est pas un problème pour une direction locale qui a, manifestement, décidé de jouer la carte de la provocation.”

Et le syndicat de s’interroger : “Faudra-t-il de nouvelles visites au Centre Acier de Flémalle pour s’y nourrir des pizzas de la direction ?”

Les syndicats vont demander la tenue d’un conseil d’entreprise extraordinaire pour que la direction s’explique.

J.-M. C.