Il se dit très impatient de retrouver la scène…

Sur son dernier album, sorti voici six ans déjà, donc, Patrick Bruel avait travaillé avec son épouse d’alors, Amanda Sthers. Depuis, le temps a passé, le couple s’est séparé et le chanteur a retrouvé d’anciennes collaborations.

“Tous les textes ne sont pas de moi”, confirme-t-il. “J’ai travaillé avec Marie-Florence, avec laquelle j’avais fait Juste avant. Sinon, il y a aussi Raphaële, L., qui m’a donné cette jolie chanson : Les cigales s’en foutent. Dont on dirait que je l’ai écrite moi-même.”

C’est troublant de se dire que quelqu’un vous connaît à ce point bien qu’elle peut vous pondre un texte comme celui-là ?

“Ce qui est dingue, c’est qu’elle ne me connaît pas à ce point bien. Elle savait que j’étais dans ma Provence en train de me morfondre. Elle m’a regardé et elle a vu un être un peu agité et elle a eu envie de me faire chanter Je rêve d’une saison à l’ombre des platanes. Elle me met un coup de calme. J’ai enregistré cette chanson en une seule prise.”

Comme Casser la voix, à l’époque…

“Bien vu. Sur cet album, c’est arrivé quatre fois !”

Vous avez enregistré les cordes à Londres, et pas n’importe où…

“Les chansons se proposaient à un arrangement de cordes. J’ai les deux meilleurs avec moi, David Moreau et Benjamin Constant : je ne pouvais pas trouver mieux pour les écrire et les arranger pour les musiciens du London Symphony Orchestra. Je me suis fait plaisir en allant, une fois dans ma vie, là où les Beatles avaient enregistré. Et, cerise sur le gâteau, McCartney enregistrait dans le studio d’à côté. C’est beau, non ?”

Vous dites que c’est peut-être le plus bel album que vous ayez enregistré…

“Oui, je le pense. Maintenant, je vous dirai dans un an si c’est de l’euphorie et que j’ai envie de tout jeter à la poubelle. Mais je l’aime beaucoup, il est très complet, il dit beaucoup de choses.”

Dans la chanson J’aurais chanté peut-être, vous vous adressez à qui ? Une personne en particulier ou une mosaïque de femmes ?

“C’est impossible de répondre. (sourire) Une fois de plus, c’est une très bonne lecture des choses. Pas mal. J’en dirai plus plus tard, dans quelques mois (rires).”

Un mot sur le choix du duo avec La Fouine ?

“C’est un titre qui s’est construit en plusieurs étapes. D’abord, il y a eu une petite altercation entre mon fils et un copain, dans la cour d’école, quand il avait six ans. Ça m’avait fait un peu mal au cœur. Et puis, petit à petit, j’ai compris que ces dernières années, la cour d’école avait changé de place. Qu’elle était sur le Net. Qui nécessite une vraie prise de conscience de la part des adultes. J’ai été dépassé par mon fils, alors qu’il n’avait que huit ans. J’ai compris qu’il avait accès à tout et là, je m’y suis mis. Ce qui s’est passé ces derniers mois m’a fait bondir : cinq suicides d’enfants, stop ! Une société ne peut pas laisser ses enfants se tuer entre eux. Maux d’enfants est devenue une chanson sur ce sujet et ça ne tenait pas en guitare-voix. J’ai d’abord eu tendance à aller vers un truc pop-rock, qui est ma culture. Mais quand j’ai eu l’idée de mettre une boucle plus hip hop, il s’est vraiment passé quelque chose. Une fois que j’ai eu la boucle, j’ai été touché par la grâce : j’ai pensé à La Fouine, il a accepté, il est venu pile au rendez-vous, il s’est assis et, en une demi-heure, il a fait tout ce qu’il fait sur la chanson. Miracle.”

Pourquoi lui ?

“Son flow et quelques textes que j’avais lus et que je trouvais très bons. Moi, j’ai mis six ans à écrire un album, lui, il me sort ça en vingt minutes !”

Vous êtes impatient de retrouver la scène ?

“Oui, très. C’est ce que je vis de plus fort… Je serai sur scène à Paris à la fin du printemps. Et Bruxelles n’est jamais loin !”

I.M.

Multi-talentueux, Patrick Bruel ? Passionné de foot, en tous cas ! sony music/diane sagnier