Dimanche, Ioannis Tamouridis sera le premier coureur de l’histoire de son pays à prendre le départ de Paris-Roubaix

Autrefois exclusivement composée de coureurs basques, l’équipe Euskaltel-Euskadi a décidé de modifier sa politique sportive cet hiver pour s’ouvrir aux cyclistes venus d’autres régions et pays. Une explosion des frontières qui a profité à Ioannis Tamouridis.

Le patronyme ne laisse pas planer le doute sur les origines de celui qui deviendra dimanche le premier Grec à prendre le départ de Paris-Roubaix.

“Je suis déjà entré dans l’histoire du sport hellène puisque j’étais également le premier coureur de mon pays à m’élancer sur Milan-Sanremo, que j’ai terminé (89e), et le Tour des Flandres”, s’amuse le sympathique triple champion national.

“En Grèce, la culture cycliste est proche du néant. Discipline confidentielle, seuls quelques marginaux (rires) s’y adonnent. Né dans une famille d’athlètes de demi-fond, c’est grâce à un ami que j’ai découvert, par hasard, le cyclisme à l’âge de 15 ans. Je suis alors immédiatement tombé sous le charme d’un sport que je n’ai, depuis, jamais cessé de pratiquer.”

Autrefois spécialiste de la piste, Tamouridis a décidé ensuite de tenter sa chance sur la route à laquelle il se consacre entièrement depuis quatre ans maintenant.

“J’ai d’abord créé, avec un ami, la première équipe continentale grecque de l’histoire. Nous avions alors la chance de compter sur le soutien d’un mécène amoureux du cyclisme. Cet hiver, j’ai reçu l’opportunité de rejoindre la formation Euskaltel-Euskadi. Évoluer à l’échelon WorldTour est bien évidemment un rêve. Dimanche, je prendrai ainsi le départ de Paris-Roubaix, une course qui m’a toujours fasciné. Je garde en mémoire le triplé Mapei en 1996 que j’avais suivi en réussissant à capter Eurosport via satellite. J’ai découvert pour la première fois les pavés en 2002. J’avais participé au Mondial Espoirs à Zolder et nous avions goûté à un secteur lors d’une sortie d’entraînement. Je les passe plutôt bien et dispose d’une bonne technique. Mais dimanche, mon seul but sera de voir le vélodrome. Cela constituerait déjà une performance.”

Quentin Finné