LA LOUVIÈRE Marco Van Hees est journaliste au journal Solidaire, l'hebdomadaire du PTB. L'an dernier, ce dernier a écrit un pamphlet contre "La fortune des Boël".

Ce qui m'a frappé chez Pol Boël, c'est la différence de mentalité entre lui et son arrière-grand-père. Autant Gustave paraissait un libéral éclairé, autant Pol Boël pouvait tenir des réflexions très rétrogrades. Par exemple à propos des chômeurs, des sans-abri ou des syndicats. Je retiens aussi que c'est à la génération de Pol Boël que la famille a cessé ses activités industrielles au profit de la finance pur jus. Jusque-là, une répartition des rôles semblait s'être instaurée : Pol, l'aîné, était l'industriel et son frère Yves (président du holding Sofina, NDLR), le financier. Dans les faits, l'abandon de la sidérurgie marque une rupture. Mais les Boël ne se sont pas transformés en financiers du jour au lendemain. La tendance était amorcée dès 1928, avec la création de l'Union financière Boël. Ils ont juste fini par couper la branche industrielle dès qu'elle s'est révélée moins rentable que leurs holdings. C'est pourtant de la sidérurgie louviéroise que provient leur fortune considérable, fortune qu'ils se sont empressés de réinvestir ailleurs.

E.R.