Morris et

Bob De Groot attristés de ce qu'on puisse les prendre pour des tricheurs

BRUXELLES Morris, le dessinateur de Lucky Luke, et Bob De Groot, son scénariste pour L'artiste peintre, sont tous deux tombés des nues en apprenant les griefs que leur impute Dominique Vandael. Il a signé des scénarios sous le nom de Dom Domi, déclare le papa du cow-boy qui tire plus vite que son ombre. Je n'ai par contre jamais accepté ses dessins. Et je ne possède rien de lui dans mes vieux tiroirs. S'il m'avait présenté une histoire relative à Frederic Remington, je m'en rappellerais. Or, ce n'est pas le cas. S'il avait quelque chose à me reprocher, il aurait pu m'en parler au lieu de contacter d'abord les journalistes. Cette démarche me paraît suspecte. En outre, c'est Bob De Groot qui a imaginé l'histoire, pas moi. Tous les deux, nous avons un trop grand respect de notre métier pour commettre des actes aussi répréhensibles.

Une réaction partagée par Bob De Groot, actuellement en train de plancher sur le nouvel album de Clifton (Jade, prévu pour octobre) et les quatre prochains Léonard . Cela me chagrine qu'on puisse penser que je suis un tricheur. Je paie même toutes les licences des programmes informatiques que j'utilise. Je suis très à cheval sur les droits d'auteur: ce sont eux qui me permettent de gagner ma vie. Je viens de réécrire cinq pages d'un Léonard parce qu'un des gags se trouvait déjà dans un album de Cubitus. C'est une question de principe.

Vous me dites que Dominique, que j'ai soutenu, a eu vent du projet voici un an, mais alors, pourquoi ne m'a-t-il pas contacté? Très honnêtement, si j'avais su à ce moment-là qu'il avait élaboré un scénario sur le même thème, je lui aurais proposé de collaborer. On aurait partagé les droits. Maintenant, il ne peut plus rien espérer. C'est trop facile après coup. Sinon, 50 personnes peuvent m'attaquer sous prétexte qu'elles s'intéressaient aussi à un personnage réel.

Cyniquement, si j'avais voulu plagier, il m'aurait suffi de changer les noms. C'est tellement facile J'ai voulu rendre hommage à Remington parce que j'admire son oeuvre, que j'ai découverte voici 15 ans via mes recherches sur Manet. Je suis un créatif et je ne pourrais plus prétendre à ce titre si je volais les idées des autres. Si j'avais voulu gagner beaucoup d'argent, je serais devenu banquier. Je n'ai même pas besoin de Lucky Luke : chaque album de Léonard se vend à 136.000 exemplaires. Je me pose donc la question: quel est l'objectif de cette triste affaire?