Un procès Belliraj à Bruxelles

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C'est le fils du présumé terroriste qui est poursuivi

BRUXELLES Bien sûr, le fils Belliraj n'est pas son père et Abderahim Bekhti n'est pas son frère, Abdellatif. Rappelons que les deux accusés du procès de Rabat vont répondre très prochainement de crimes terroristes et Abdelkader Belliraj plus particulièrement de six assassinats présumés commis en région bruxelloise.

Néanmoins, il fut beaucoup question d'eux vendredi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles qui juge le fils Belliraj et le frère Bekhti pour du blanchiment, notamment. Mais quel blanchiment ? Celui d'une partie des quelque 15 millions d'euros arrachés par Abdellatif Bekhti, en avril 2000, à Kehlen, au Grand-Duché du Luxembourg, lors d'un braquage. Bekhti y fut condamné à 20 ans de prison mais réussit à s'évader.

À Bruxelles, Abderahim Bekhti et Omar Belliraj, notamment, se seraient livrés à des opérations de blanchiment relatif à ce fameux butin en achetant quatre Porsche, une Mercedes, une moto Honda et un jet ski, pour le compte du duo de Rabat. Les achats ont été acquittés uniquement en coupures de 500 euros...

Le délai raisonnable est clairement dépassé puisque plus de cinq années se sont écoulées depuis la dernière infraction.

Le procureur du roi considère néanmoins qu'Abderahim Bekhti doit être condamné, compte tenu de la gravité des faits et de ses antécédents judiciaires. Le parquet est beaucoup moins franc pour les trois autres prévenus dont la culpabilité n'est pas absolument certaine. Mais le principal prévenu ne l'a pas entendu de cette oreille, vendredi. De lancer : "Oui, mon frère a commis le braquage au Luxembourg et il a emporté plus de 600 millions de francs belges. Il a été condamné à 20 ans et il s'est évadé. Ensuite, il s'est fait avoir par Belliraj qui lui a dit qu'il allait placer cet argent. Il a investi dans des hôtels et mon frère n'a jamais revu son argent. Alors, il n'y a pas de blanchiment. J'ai acheté une Porsche, c'est tout".

Pour sa défense, Me Olivier Martins a plaidé une simple déclaration de culpabilité pour des faux en écriture mais a contesté vertement les opérations de blanchiment. Me Denis Goeman a plaidé l'acquittement d'Omar Belliraj qui s'est fait très discret.

P. Df.

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