Gérard Seront est reconnu coupable de violation du secret professionnel

BRUXELLES Hier, la 54e chambre du tribunal correctionnel a rendu un jugement particulièrement bien ficelé dans le cadre du procès impliquant notamment le superflic Gérard Seront.

Durant une heure et demie, la présidente Claire Degryse a répété les attendus et les motivations. On se souvient que Gérard Seront s'était distingué par le passé en résolvant des enquêtes complexes en un temps record. Mais comme l'avait plaidé son avocat, Me Jean-Philippe Mayence, durant le procès, c'était grâce à son réseau d'indics. Or, la justice bruxelloise reprochait à Seront d'avoir fourni des documents confidentiels à Djeridi, l'un de ses indics.

Djeridi n'est pas un inconnu de la justice puisqu'il a été inquiété (puis finalement acquitté) pour l'assassinat du petit caniche blanc Poupou mais aussi et surtout pour l'enlèvement et le meurtre du libraire de Saint-Josse, Bouchaib Ibork.

Devant la cour d'assises de Nivelles, Djeridi avait écopé d'une peine de 30 années de prison pour le rapt et la séquestration du libraire. Là aussi, il avait finalement été acquitté pour la prévention d'assassinat.

Selon le parquet, Seront avait fourni des documents relatifs au dossier du libraire de Saint-Josse.

Hier, dans son jugement, le tribunal a toutefois considéré que le superflic n'était pas impliqué dans le rapt et l'assassinat du libraire.

Alors que le procureur Jean-Marie Mawet avait requis une peine de 40 mois de prison à l'encontre de Gérard Seront, le tribunal l'a condamné à 30 mois de prison avec sursis pour ce qui excède la détention préventive.

Les juges l'ont uniquement reconnu coupable de violation du secret professionnel et l'ont donc acquitté des autres préventions. Me Mayence n'a pas précisé si son client interjetterait appel de cette décision.

Ph. Bt.