Les autorités belges et françaises étudient sérieusement la question

MOUSCRON En mai dernier, la Communauté urbaine de Lille (CUDL) a décidé de lancer une étude sur la mise en place d'un train-tram afin de désengorger la métropole lilloise. L'idée est aussi d'assurer des liaisons vers la Belgique: Mouscron, Tournai, Courtrai et Comines. Une première réunion s'est tenue sur le sujet à l'Excelsior, afin de mettre autour d'une table tous les interlocuteurs concernés.

Mais, quelle est l'origine d'un tel projet? La Communauté urbaine de Lille regroupe 85 communes et presque tous les paysages possibles: urbains, périurbains et ruraux. Comment, dans ces conditions, instaurer un tissu de déplacements cohérent? De plus, la vie économique s'organise autour des trois pôles: Lille, Roubaix et Tourcoing. Par conséquent, tout le monde ne cherche pas à se rendre au même endroit en même temps. Et donc le trafic automobile a triplé au cours des trente dernières années. Les trajets effectués en voiture sont de plus en plus longs et le conducteur est souvent seul à bord. La métropole lilloise connaît donc une saturation de son réseau routier et de son centre-ville.

La CUDL s'est donc fixée comme objectif de stabiliser la part de la voiture dans les déplacements urbains d'ici 2006 et de doubler l'usage des transports en commun d'ici 2015, afin d'atteindre 200 millions de voyageurs par an.

Son projet phare en la matière, c'est le train-tram. En utilisant le réseau ferroviaire de la Communauté urbaine, l'idée est de mettre en circulation des véhicules qui fonctionneront comme des trains sur les trajets périurbains et comme des trams en ville.

Avec ses quelque 50 gares, la CUDL tient là le moyen de désenclaver les communes les plus éloignées de Lille et de mettre en place un réseau de transports en commun extrêmement performant et tout à fait en mesure de concurrencer la voiture. La première ligne devrait voir le jour en 2010-2011. Il s'agit de plus d'une solution très économique comparée à la construction de nouvelles lignes de métro.

L'idée est également d'étendre le réseau aux communes belges avoisinantes. Il existe déjà deux lignes transfrontalières de ce type en France: Särrebruck-Sarreguemines (en Alsace) depuis 1997 et Genève-Bellegarde depuis 2001. D'autres projets sont en cours! Elle est loin d'être inintéressante, lorsqu'on connaît le nombre grandissant de travailleurs français qui trouvent du travail chez nous, sans oublier les étudiants métropolitains qui fréquentent quotidiennement nos établissements scolaires.

Le projet est donc maintenant sur les rails. Cette première réunion a permis de dégrossir le terrain, elle sera certainement suivie de nombreux autres qui devraient affiner le dossier.

© La Dernière Heure 2005