Au top des arbitres féminins de football, Claudine Brohet mène une carrière internationale depuis dix ans

BRAY L'allure et la stature ne trompent pas : le regard bleu profond et la coquetterie exceptés, Claudine Brohet est sportive. Totalement, passionnément. À l'inverse de ses soeurs, mères de famille, Claudine Brohet a choisi très jeune de tout sacrifier pour le foot : "Nous étions 4 dans la famille, je suis la seule à m'être lancée dans une carrière sportive." Voilà 17 ans qu'elle est arbitre dans notre championnat : "Je siffle en promotion et en D3, joue la ligne en D2 et suis 4e officiel en D1. C'est ma 7e saison en nationale". Arbitre d'envergure internationale - elle a son badge Fifa depuis dix ans - chez les dames, elle figure parmi les candidates qui pourraient se rendre en Chine en septembre pour siffler lors de la Coupe du Monde féminine (30 candidates pour 13 places. Décision en mai).

Originaire d'Eugies, dans le Borinage, Claudine sait qu'elle mène la top liste des arbitres féminins. La vie, cependant, lui a appris à garder les pieds sur terre. "Je ne me prends jamais pour la meilleure, nuance-t-elle. L'essentiel est que tout le monde soit content quand je siffle la fin d'un match. J'ai perdu mes parents très tôt. Je sais d'où je viens. La grosse tête, ce n'est pas mon truc. Je suis ouverte au dialogue, mais ne me laisse pas faire. Parfois, je fonce. Tête baissée. Je suis du signe du Taureau."

Sa vision de l'arbitrage est carrée. "Que l'on soit homme ou femme, il faut pouvoir gérer le match en fonction de l'intensité. J'ai sifflé des matches où le respect était total. Parfois, il faut serrer les dents. Certains essaient de tester vos limites. Chez les femmes, la discipline et le respect sont plus présents. On ne peut comparer les compétitions masculine et féminine. La différence, je crois, c'est l'argent. Les filles jouent plus au foot."

Avant d'arbitrer, Claudine a joué au poste de gardien, pendant dix ans (elle a terminé sa carrière en D1 nationale à Anderlecht). "Je ne regrette pas de m'être dirigée vers l'arbitrage. Cela m'a permis de voyager. Ce que je n'aurais jamais fait comme joueuse." La force de sa passion - elle s'astreint à 3 entraînements semaine - l'a contrainte à divers sacrifices dans sa vie personnelle et professionnelle. Âgée de 42 ans, elle terminera sa carrière internationale en 2009. "À l'heure où je termine, il faut des motivations extrêmes pour prendre ses baskets, s'entraîner par tous les temps." Et peu importent parfois les insultes méchantes, machistes et profondes qu'elle doit essuyer en compétition. Le respect, sur le terrain, elle l'a. C'est ce qui lui vaut d'arbitrer lors des championnats d'Europe. Perfectionniste, il n'est pas étonnant qu'elle apprécie les arbitres Colina, Frisk et Urs Meyer. "C'est du costaud."

F. Sch.

Claudine Brohet a sacrifié sa vie de famille pour le football, mais le fait de s'occuper de son neveu Julien remplit parfaitement son quotidien. (avpress)