CULTE

Le renouvellement des cadres de l’Exécutif des musulmans de Belgique donne naissance à une mouvance prônant la mise en place d’une élection générale

BRUXELLES Le renouvellement de l’exécutif des musulmans (EMB) se déroule visiblement dans une douleur certaine. Portée par Isabelle Praile, la vice-présidente en personne de l’organisation censée représenter les 700.000 musulmans présents en Belgique, cette fronde remet en cause le processus antidémocratique en cours.

Baptisé alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB), ce mouvement remet en cause le mode renouvellement du conseil d’administration, basé sur un processus de cooptation mené au sein de certaines mosquées installées en Belgique. La méthode est déjà sur la table du ministre de la Justice (en charge du dossier) Stefaan De Clerck.

Selon l’ADMB, l’Exécutif des musulmans s’est engagé dans “une dérive communautariste particulièrement inquiétante où un nombre restreint de membres de l’EMB a confisqué le processus de consultation” qui devait mener à une refonte de l’institution et à son autonomisation.

“Même les membres de l’assemblée générale de l’EMB ne sont pas mis au courant du processus en cours, déplore Isabelle Praile. L’EMB doit représenter l’ensemble des musulmans présents en Belgique. Actuellement, cela ne concerne qu’une dizaine de pour-cent de musulmans inscrits dans certaines mosquées. Les jeunes, les femmes, celles et ceux qui ne cotisent pas dans les mosquées en sont exclus.”

Pire, “certains membres de l’Exécutif sont analphabètes. Ils ne parlent ni le français ni le néerlandais. Comment voulez-vous qu’ils représentent la majorité des musulmans de Belgique. D’autant que nombre d’entre eux disposent de doubles casquettes, politiques ou diplomatiques”. En clair, ils roulent pour certains pays musulmans étrangers.

L’ADMB souhaite l’organisation d’élections générales aux quatre coins du pays, “dans les mosquées et auprès du grand public”, poursuit Isabelle Praile. Aucun des contestataires présents hier ne revendique quelque place que ce soit. L’ADMB souhaite plus simplement offrir un visage de l’EMB plus en phase avec la réalité belge et, surtout, déconnecté d’une influence étrangère omniprésente.

M. L.

“Des pays ont régulièrement manifesté une volonté affichée de contrôler la population musulmane de Belgique et de maintenir une mainmise sur leur processus d’intégration au sein de la société belge.”