Le président du SLFP-Police Vincent Gilles a fait l’objet d’une information judiciaire. Il contre-attaque ce vendredi

COMITÉ P CHARLEROI “Tente-t-on de nuire au plus grand syndicat policier ?”, telle est la question que se pose Vincent Gilles. Le président du syndicat SLFP-Police a fait l’objet à son insu d’une information judiciaire du chef de faux en écriture... classée sans suite le 18 juin dernier ! Aujourd’hui, le syndicaliste dénonce “l’instrumentalisation d’un organe de contrôle qui se doit d’être au-dessus de tout soupçon (le comité P, NdlR) à des fins particulièrement suspectes”.

Pourquoi ? Tout commence lorsque, le 13 mars 2012, André Struys, conseiller-directeur en gestion des ressources humaines de la zone de police de Charleroi, envoie une demande “d’avis” au comité P. Soit une lettre manuscrite signée de sa plume à l’attention d’un certain “Jean-François” et dont le contenu est le suivant : “Vincent Gilles propose d’encoder ou plutôt de faire encoder […] des prestations d’un délégué à un moment différent de celui où elles ont été effectuées. Je refuse un tel principe ! PS : Je pense que cela constitue un faux en écriture. Pourrais-tu me communiquer ton point de vue […] ?”

Un courrier “pris en considération par le comité permanent P qui en transmet une copie à l’office du procureur du Roi de Charleroi, pour disposition, à toutes fins utiles, eu égard aux éléments d’information, de nature pénale, qu’elle paraît emporter”, lui répondra officiellement le comité P tout en se déclarant incompétent à ce niveau-là...

L’objet du litige ? Vincent Gilles tente depuis de nombreux mois de régler un différend entre l’autorité et un délégué de son organisation. Un conflit portant sur l’encodage et la comptabilisation de... douze heures prestées par ledit délégué dans le cadre d’une préparation de défense d’un dossier disciplinaire et impayées jusqu’à ce jour ! Soit quatre heures de travail réparties sur trois samedis en 2011.

Cette préparation, le délégué peut choisir de l’assurer en tant que “défenseur pur” à l’instar d’un avocat ou en tant que “délégué syndical/défenseur disciplinaire”. Un choix qui détermine alors légalement la manière de comptabiliser ces heures de boulot et les périodes auxquelles elles peuvent être effectuées.

Vincent Gilles souhaite que sa zone de police privilégie la première option parce que “dans le second cas de figure, cela force mon représentant syndical à prendre des congés syndicaux en pleine semaine et cela ouvre donc la porte à son déplacement en interne parce que jugé absent trop souvent”.

Mais André Struys s’y oppose. Il précise sa démarche juridique : “Notre zone a juste demandé au comité P un conseil juridique en la matière. C’était une question d’ordre technique et non pas une attaque à l’encontre de Vincent Gilles. C’est le comité P qui audite les zones et nous voulions avoir son avis en la matière puisqu’il y a un trou dans la réglementation à ce sujet.”

Et d’ajouter : “Je n’étais pas au courant que cela avait débouché sur une information judiciaire et je n’aurais pu le présager puisqu’il ne s’agissait pas du tout d’une plainte. J’ai par contre dû répondre à un courrier de l’avocat de M. Gilles au sujet du paiement de ces douze heures de prestations et je lui ai répondu qu’on attendait la réponse du procureur du Roi pour voir s’il n’y avait pas de problèmes.”

Le SLFP Police contre-attaquera ce vendredi à 10 h 30 à l’occasion d’une conférence de presse en son siège national.

D. Ha.

Vincent Gilles.