La société Chemin de fer à voie étroite de Bruxelles à Ixelles – Boondael, créée en 1884 avec la participation de la Compagnie générale des Railways à voie étroite, exploitait cinq lignes qui lui étaient concédées et deux lignes affermées par la Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux (SNCV). Trois concessions portaient sur des lignes partant de la Porte de Namur et allant vers la Petite Suisse (RP de l’Étoile actuel), l’avenue de Tervuren et la chaussée de La Hulpe, une autre allait de rue Royale à avenue de Tervuren et la dernière concession, de la place Saint-Josse à Tervuren. L’affermage comprenait de longues lignes place Sainte-Croix – Haecht (27 km) et Saint-Josse – Vossem (19 km).

Le dépôt de Woluwe fut bâti en 1897 pour accueillir les véhicules de ce BIB, à voie métrique à l’époque et en livrée verte.

Par arrêté royal du 25/8/1899, le gouvernement belge concède aux Tramways Bruxellois l’ensemble des lignes déjà exploitées par les Tramways Bruxellois et celles du BIB (Compagnie du Chemin de Fer à voie étroite de Bruxelles à Ixelles-Boendael ou L’Ixelles-Boendael). Pour ce faire, il approuve la convention signée entre ces deux sociétés le 25 avril 1899, en suite de longues négociations auxquelles l’Etat était associé : les Tramways Bruxellois reprennent les lignes du BIB à la condition d’améliorer le service à la population et notamment la mise à voie normale endéans un délai de deux ans des lignes dont le BIB était concessionnaire. C’est pourquoi le matériel à voie métrique propriété du BIB fut progressivement adapté ou mis en vente (des véhicules furent transformés pour voie normale par les TB, conservés en voie métrique pour l’exploitation des lignes SNCV Gare de Schaerbeek – Place Sainte Croix et Place Saint-Josse – Cimetière de Bruxelles ou revendus).

La SNCV, elle, reprit l’exploitation vers Haecht et vers Vossem, ne cédant aux TB que les portions bruxelloises.

Question de couleurs

Les Tramways Bruxellois, eux, étaient passés à l’électrification en 1894, avec une première ligne passant par la Petite Ceinture, avec des trams à livrée bleue.

Le vert bouteille fut rapidement adopté au fil du rachat des concessions; au début du siècle passé, on ne distinguait plus que le vert bouteille face au brun chocolat des chemins de fer économiques. Lors de la guerre 14-18, les occupants allemands peu habitués à des couleurs sombres ou qui se confondent avec les arbres, préfèrent adopter le jaune, plus visible.

Très pâle au début, cette couleur deviendra rapidement la couleur du transport public bruxellois, dans sa variété dite primerose. Début des années 1990, ce jaune foncera encore, avant que ne soit adoptée la livrée argent et bronze actuelle, au grand dam des automobilistes qui ne distinguent pas ces coloris-là. À quand le retour au jaune, certes moins noble, mais tellement plus visible ?

Toujours au sujet des couleurs : longtemps, les films directionnels à la Stib étaient bicolores. Cela avait une double utilité : être vus de loin mais aussi être distingués par les analphabètes.

La livrée jaune typique des trams bruxellois pendant 80 ans fut choisie durant la guerre 14-18.