CHARLEROI Au milieu des années quatre-vingt, Jean-Claude Van Cauwenberghe avait décrété la démolition de la maternité Reine Astrid, «l'hôpital rose» comme l'appelaient les Carolos. C'était faire non seulement fi de la valeur sentimentale que lui attribuaient les générations de ses concitoyens qui y avaient vu le jour, c'était rayer de la carte un modèle de l'art moderniste des années 30. Avec la Cité de l'Enfance à Marcinelle, le bien témoignait de l'architecture de qualité dont Leborgne savait doter les équipements collectifs de première importance. Internationalement reconnu, ce dernier alliait simplicité et fonctionnalité dans ses créations inspirées du courant moderniste progressiste. «Seules les formes comptaient pour lui et toute décoration inutile ou superflue était radicalement proscrite» a écrit un de ses confrères, Edouard Bouillart. L'ancien bourgmestre de Charleroi a admis son erreur par la suite. L'infrastructure Art Nouveau aurait dû être préservée, a-t-il observé à plusieurs reprises. L'aveu ne l'empêche pas de penser que le maintien du CHU est inapproprié. Van Cau plaide pour qu'on le détruise, et qu'on aménage un nouvel espace vert. Il nous revient de l'administration de l'Urbanisme que la présence du parc du palais de Justice et de l'institut du Verre, de l'autre côté du boulevard Audent, constituerait un obstacle à ce projet. L'affaire est donc à suivre. Et, les rebondissements risquent de ne pas manquer dans les mois ou années à venir.

© La Dernière Heure 2005