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La star américaine de poker, Phil Ivey, a définitivement perdu la partie mercredi contre un casino de Londres qu'il accusait de ne pas lui avoir payé plusieurs millions d'euros de gains, au motif qu'il avait triché.

Phil Ivey avait gagné 7,7 millions de livres (8,64 millions d'euros) sur deux jours en août 2012 en jouant au Punto Banco, une variante du Baccara, un jeu de cartes. Mais le Genting's Crockford de Londres, un casino situé dans le quartier huppé de Mayfair, avait refusé de le payer.

L'établissement très haut de gamme a accusé l'Américain de 38 ans d'avoir abusé d'une technique illégitime, le "edge-sorting", qui consiste à profiter des minuscules défauts d'impression au dos des cartes pour lire le jeu.

Le joueur a reconnu avoir utilisé la technique. Mais selon lui, il n'y avait rien d'illégal à chercher à exploiter les failles du casino et c'était même son métier d'y parvenir.

La Haute cour avait estimé que le joueur avait triché, mais Phil Ivey avait gagné en appel. Après plusieurs années de bataille en justice, la Cour suprême a finalement donné tort à la star.

La Cour suprême a considéré que le "hasard" était un élément essentiel du jeu du Punto Banco, les cartes étant distribuées de façon "tout à fait aléatoire et non reconnaissables". Les juges ont estimé que le joueur avait certes agi de manière "intelligente et habile", avec des "yeux remarquablement affûtés" mais qu'il avait bien "inévitablement triché".

"C'est une décision qui fera jurisprudence (...) et aura des conséquences importantes pour l'industrie du jeu", s'est félicité le PDG de Genting, Paul Willcock, dans un communiqué.

Phil Ivey a réagi à la décision en proclamant une nouvelle fois son "honnêteté".

"En tant que joueur professionnel, mon intégrité est tout pour moi. C'est pour défendre mon sens de l'honneur et la façon dont les joueurs professionnels comme moi jouent que j'ai entrepris cette action en justice", a-t-il commenté dans un communiqué.

Il a estimé que la décision de la Cour suprême n'avait "aucun sens" et l'a attribué au fait que "les juges britanniques n'ont aucune expérience ou compréhension des casinos". "S'ils en avaient, la décision aurait été en ma faveur".