Buzz

Lorsque Sybille de Sélys Longchamps reprend là où le documentaire s’est arrêté, la semaine dernière, le ton n’a guère changé. Du ressentiment, de la rancœur, des doutes, l’inquiétude d’un long passé commun avec celui qui était alors le prince Albert reviennent à la vie.

La seconde partie de Notre fille s’appelle Delphine était davantage centrée sur le sixième roi des Belges. Sur Albert II mais également sur sa femme, Paola, et sur les influences qui décideront, malgré les protagonistes parfois, du sort de Sybille de Sélys comme de la monarchie belge. Du moins si l’on en croit ses dires.

D’influences, précisément, il en est question lorsque celle qui se confie publiquement avance que le cardinal Suenens aurait conseillé au prince Albert de ne plus voir sa fille, elle dit : "Pour moi, la religion a beaucoup à voir, elle a remis le couple ensemble. La religion, quand elle commence à manipuler, elle est dangereuse."

C’est un choc , elle ne reconnaît plus l’homme qu’elle a aimé mais, surtout, elle ne comprend pas.

D’autant moins que ce même prince Albert, par deux fois, aurait tenté de divorcer. À la seconde tentative, toujours selon Mme de Sélys, alors que l’histoire monarchique belge était sur le point de basculer, elle dit : "Il faut que je parte pour protéger ma fille, et pour le protéger lui."

C’est que, pour divorcer, une longue liste de conditions est liée au divorce d’Albert et Paola. L’une d’elles interdira à Sybille de Sélys de voir les enfants du Prince… "Ce qui m’a donné du courage pour partir, c’est cette petite fille, qui est pour moi un miracle. Et je me sens psychologiquement très épuisée quand je prends cette décision", explique-t-elle encore sans ambages, face caméra.

Puis de silence en regret, le temps s’écoule. Le couple royal fête ses 25 ans de mariage. "Je ris quand il me l’annonce."

Cette cassure , Sybille de Sélys Longchamps ne parvient pas tant à l’exprimer par des mots. Les mots "lâche", "peur" ou "angoissés" sont lâchés.

Le témoignage achève à cet instant d’être un retour sur l’histoire du règne et, d’avant celui-ci, d’Albert II. C’est un témoignage de passion, de sentiments.

Lorsque le livre de Mario Danneels paraît avec une petite phrase sous-entendant l’existence d’une fille cachée du Roi, c’est un soulagement. Relatif. Delphine Boël, elle, r este toujours marquée selon sa mère. "Je crois que Delphine espère encore, elle croit que ça pourrait arriver. Quoiqu’elle continue dans son travail, je le vois dans ses œuvres, à le démolir. Elle a beaucoup de mépris pour lui. Elle espère car elle dit que pour ses enfants ce serait quand même mieux que ce soit clarifié. On ne se remet jamais d’avoir été renié par son père."

Aurait-elle à nouveau vécu cette vie ? Sans doute. "Il m’a tout donné", explique-t-elle, en commençant par Delphine : "Cette petite fille est pour moi un miracle."

Rencontrera-t-elle un jour celui qu’elle a aimé ? "Je ne pense pas. Les gens qui le connaissent ont dit que si elle partait avant lui, il me recontacterait. Je ne sais pas si c’est souhaitable de toute façon."

Et de s’achever cette fresque monarchique aux difficiles relents de télé-réalité dans le monde d’une famille imperturbablement soumise aux aléas de l’histoire.