“Se sentir libre à l’intérieur, c’est le plus important ”
(08/02/2010)
Avec la solitude pour indispensable compagne de travail et de réflexion
BRUXELLES Installée depuis un peu plus de 15 ans en France, Hindi Zahra est d’origine marocaine. Un pays où elle rentre retrouver ses racines musicales mais aussi… le silence.
“Je voyage tout le temps. Même quand je suis à Paris”, dit-elle. “Je n’ai jamais vécu plus d’un an dans un endroit. L’envie d’être nomade est en moi, celle de découvrir sans cesse de nouvelles choses. Je suis portée par ma curiosité. Et puis, parfois, je m’enferme dans un mutisme : il me faut un équilibre entre les deux. Quand je vais au Maroc, je laisse entrer les couleurs, les sons, les rires. Et puis ça décante.”
Le fait d’être plus médiatisée aujourd’hui ne vous effraie pas ?
“Non, parce que la solitude, quand elle a pris une place dans ta vie, elle devient indispensable. J’ai eu toutes les opportunités de la terre de m’oublier. Mais ma nature m’a rappelée à l’ordre. Je me retrouve toujours proche de ce que je suis, profondément. Je n’ai pas envie de traîner dans les soirées, de m’oublier dans les passions…”
Il y a une chanson de l’album qui est l’aboutissement de tous ces voyages, de tous ces mélanges ?
“Oui, Set me free. C’est une chanson d’amour qui parle de libérer quelqu’un. Mais c’est surtout un prétexte pour dire qu’il faut se libérer soi. C’est le plus important : se sentir libre à l’intérieur de soi. Quand on est une femme, partout dans le monde, c’est la même histoire. Moi, je veux être une femme qui fait plusieurs choses, qui dirige sa vie. Pas envie d’être une interprète qui fait la jolie mais qui ferme sa bouche. Il ne suffit pas de porter une minijupe et un décolleté pour être libérée. De la même manière, quand je vois une meuf qui se met à quatre pattes et en string pour chanter, j’ai envie de hurler. Elles sont dans des cages, autant que celles qui ont une burqa sur la tronche. Tu vois, dans ma musique, je parle beaucoup d’amour, mais il y a des choses derrière. Et je pense qu’il n’y a que la femme qui peut porter ce genre de truc…”
I. M.
© La Dernière Heure 2010
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