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Nagui : “Et pourquoi pas Bruxelles ?”

(21/04/2011)

Quatre mots, une fête, Nagui fait le reste. Taratata s’installera place des Palais, à Bruxelles !

BRUXELLES La DH était la première à vous mettre sur le coup il y a peu : un Taratata , à Bruxelles, pour la Fête de la musique. Vraiment ? Oh, que oui. L’évènement vient d’être bétonné, et l’inusable Nagui plantera les deux scènes de l’émission musicale référence sur la place des Palais, à Bruxelles, le 21 juin prochain. “Extrêmement ravi” de passer par chez nous, hier, en primeur francophone, l’animateur nous a expliqué pourquoi son cœur franco-égyptien a viré noir-jaune-rouge…

Nagui, qu’est-ce qui a fait pencher la balance en notre faveur ? On imagine que notre capitale n’était pas la seule candidate…

“Elle ne l’était pas. Pour tout vous dire, alors qu’on réfléchissait ensemble sur le lieu, les quatre mots sont sortis d’un coup : Et pourquoi pas Bruxelles ? Je suis resté relativement paisible. J’ai dormi dessus. Deux jours après, je ne voulais plus entendre parler d’ailleurs. Vous pensez bien que dès que j’en ai fait part à Gérard Pullicino (réalisateur de Taratata et époux de Lara Fabian, NdlR), qui vit à Bruxelles et chérit énormément cette ville, il était partant…”

C’est un bon choix ?

“Je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Déjà, quand on parle de musique, vous savez, le mot Belgique n’est jamais fort loin derrière… Vous réussissez à mixer avec un talent fou les influences anglo-saxonnes et françaises, dans vos chansons. Bien mieux d’ailleurs, semble-t-il, que les différences qui opposent Flamands et Wallons ! Aussi, lors d’un déplacement récent à Bruxelles pour le repérage de l’émission, j’ai pu me rendre compte de la gentillesse, polie, chaleureuse, mais toujours respectueuse, des Belges. Du taximan au barman, jusqu’aux gens dans la rue. Par rapport à la France, où l’on n’hésite pas à vous taper dans le dos sous prétexte que vous passez à la télé, ça fait un bien fou…”

Vous êtes déjà géniteur de nombreux bébés télévisuels. Taratata, c’est celui dont vous êtes le plus fier ?

“Incontestablement. D’autant plus qu’il est à l’origine de mes débuts dans la production. Il y a 18 ans, lorsque j’ai proposé cette émission à France 2, qui venait tout juste de changer de nom, on m’a dit : O.K., mais il te faut un producteur. J’ai été en trouver quatre. Quatre refus. Trop cher, pas rentable. Puis, Gérard Pullicino m’a dit : démerde-toi, fais-le tout seul. Je l’ai pris au mot. Avec 50.000 francs, j’ai monté ma société, Air Prod. Les quatre premiers mois ont été catastrophiques, on a frôlé plusieurs dépôts de bilan. Mais on a tenu bon. Taratata est, sans me pousser du col, devenu une référence dans son domaine, et la société prospère. C’est grâce à Taratata qu’aujourd’hui je ne travaille plus seulement pour les autres…”

L’avenir de Taratata est-il incertain ?

“Pas du tout. Mais comme tout bon père de famille, je couve mes bébés, comme vous dites. L’émission va juste, très bientôt, être diffusée seulement sur France 2, en soirée, et non plus sur France 4. J’ai d’ailleurs eu un dirigeant de France Télé ce matin, qui m’a dit que la solution était trouvée pour une programmation à 23 h 30, plutôt qu’une heure du matin. Vous êtes l’un des premiers au courant !”

Un mot sur la programmation ?

“Rien n’est encore confirmé, donc par respect pour les artistes, je ne peux vous en dire trop. Mais il y aura du français, de l’anglais, de l’américain et, bien sûr, du belge. Si des profils comme Selah Sue ou Stromae nous intéressent ? Bien évidemment. Mais il y en a tant d’autres… Axelle Red, notamment.”

Vous êtes régulièrement élu animateur préféré des Français. Il y a un truc ?

“J’ai l’humilité de penser que si les gens m’apprécient, c’est avant tout parce qu’ils me voient souvent. Pour le reste, je ne sais pas… J’essaye de leur proposer de la nouveauté, comme avec le dernier jeu que j’anime, Chérie, fais les valises. Mais surtout, ce qu’il y a de plus important pour moi, c’est de respecter le téléspectateur. C’est plus qu’un impératif : une obsession. La télé d’aujourd’hui prend les gens pour du bétail, pour une espèce de masse informe…”

Vous travaillez beaucoup, et parlez peu de vous. Tout le monde ne sait d’ailleurs pas que vous êtes égyptien d’origine…

“Je suis retourné dans mon pays l’an dernier, 44 ans après mon arrivée en France, à quatre ans. Avant, je ne pouvais pas, j’étais considéré comme déserteur. J’y ai été en famille, et ça a été un moment émouvant et capital. Émouvant pour l’enfant d’Égypte que je suis, et qui a pleuré en revoyant son pays. Capital pour le papa que je suis devenu, et qui a montré à ses enfants cet endroit qui est, aussi, quelque part, le leur. Et en ce moment surtout, c’est important…”

On ne vous laissera pas filer sans vous demander LA chanson qui évoque au mieux la Belgique pour vous…

“La colle ! Il y en a trop. Je dirais Bruxelles, d’Annegarn. Reprise magistralement par Alain Bashung, à Taratata. Annegarn, Bruxelles, Bashung, Taratata… Il y a tout dans cette phrase. Tout ce que j’aime.”



Interview > Alexis Carantonis

© La Dernière Heure 2011

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