Argent Le taux d’accidents sur la route a diminué en 2016. Les plus graves coûtent très cher.

Le coût des attentats du 22 mars 2016 se chiffrait fin 2016 à quelque 116 millions d’euros pour l’ensemble du secteur de l’assurance, selon les dernières données communiquées lundi par Assuralia, la fédération du secteur de l’assurance. "Un peu plus de la moitié de ces 116 millions concerne les dépenses réalisées dans le cadre de l’assurance accidents de travail, la plus impactée", a encore précisé Hans De Cuyper, président d’Assuralia.

Les branches maladie, invalidité mais aussi responsabilité objective complètent les dépenses du secteur, moindres qu’anticipé dans un premier temps.

Le secteur avait en effet provisionné 155 millions d’euros pour faire face à ses engagements.

Pour dramatiques qu’ils soient, les deux attentats du 22 mars ne sont pourtant pas les plus gros postes de dépenses.

À elles seules, les inondations de mai-juin de l’année dernière ont coûté 143,8 millions d’euros, pour un total annuel de 170,6 millions pour le poste inondations.

Le coût moyen d’un sinistre inondation a été de 6.742 euros, dont 5.328 euros pour les inondations de mai-juin.

Autre gros poste de dépenses : la tempête de novembre, qui a globalement coûté 141,2 millions d’euros aux assureurs.

Sur l’ensemble de l’année 2016, la facture tempêtes/inondations globale est de 352 millions, pour un total de 102.654 sinistres.

Des sinistres auto , il y en a eu encore un peu plus l’année dernière : 356.258 en RC auto particuliers contre 354.975 en 2015.

La bonne nouvelle, c’est toutefois que le nombre de sinistres augmente moins vite que celui de véhicules en circulation. "La fréquence continue à diminuer", se réjouit Hans De Cuyper. Ce taux de sinistre s’est inscrit à 6,28 % l’an dernier, contre 6,35 % en 2015 et plus de 7 % en 2010. Le coût moyen par sinistre est toutefois plus élevé, en raison notamment de la hausse de la main d’oeuvre lors des réparations : il était de 3.553 euros en 2016.

Quelques sinistres sont toutefois particulièrement coûteux : 779 sinistres intervenus l’année dernière ont représenté une dépense globale de 330,7 millions d’euros, soit 424.647 euros en moyenne pour cette catégorie d’accidents. "Ces 0,22 % d’accidents absorbent plus du quart de toutes les indemnisations", remarque Hans De Cuyper. Les sorties de route du week-end sont souvent en cause.

306 euros pour RC auto

Le secteur est plus concurrentiel qu’on ne le croit généralement.

Pas concurrentiel, le secteur des assurances ?

Cela évolue, même si le secteur reste largement dominé par AG Insurance (22,4 % de parts de marché grâce à son poids prépondérant dans le secteur vie), AXA (12,1 %), KBC (10,1 %) et Ethias (9,9 %), qui s’est fait chiper sa troisième place sur le podium par le groupe de bancassurance flamand.

"Aujourd’hui, les cinq principales compagnies d’assurance possèdent 60 % de parts de marché. C’était 75 % en 2007", note Hans De Kuyper, président d’Assuralia mais aussi CEO d’AG Insurance.

Cette concurrence permet d’ailleurs d’avoir des primes en RC auto assez stables, à tout le moins globalement. "L’encaissement de la branche RC auto s’est accru de 5,8 % et le parc automobile de 5,9 %. L’encaissement moyen par véhicule a reculé de 0,1 % au cours de cette période et atteint 306 euros en 2016", souligne Assuralia dans son analyse des statistiques de l’ensemble de l’année 2016.

Il s’agit bien entendu d’une moyenne, et cela ne concerne donc que la RC auto - le seul volet obligatoire pour pouvoir prendre la route - et non l’omnium, par exemple.

Le montant total des encaissements du secteur des assurances a atteint 27,039 milliards d’euros en 2016.

À lui seul, l’encaissement de la branche RC auto représente 2,239 milliards d’euros, soit en croissance de 1,2 % par rapport à 2015.

Si l’encaissement non-vie (auto, habitation, maladie, accident du travail…) a enregistré une hausse de 1,7 % l’an dernier, tel n’a pas été le cas de la branche vie qui a chuté de 2,6 %. En cause, la désaffection persistante pour les produits à taux garanti, dont l’encaissement d’un peu plus de 7 milliards d’euros a encore baissé de plus de 3 % l’an dernier, victime des taux faibles persistants.