Argent Les attentats, mais aussi les inondations de cette année, risquent bien d’avoir un impact.

Près d’un million de sinistres ont été dénombrés l’année dernière par les assureurs belges.

Et pourtant, 2015 n’a pas été une mauvaise année en soi pour le secteur de l’assurance : pas de grosse catastrophe naturelle, comme tel avait été le cas à la Pentecôte 2014.

"La Belgique a été épargnée par les phénomènes naturels entraînant des dommages graves à grande échelle, ce qui s’est traduit par une baisse de la charge des sinistres", note Assuralia à l’occasion de la publication des chiffres 2015 du secteur de l’assurance belge.

Un point noir, toutefois : une légère remontée du taux de sinistre en rc auto à 6,25 %, soit 6,25 accidents pour 100 contrats.

L’année 2016 sera par contre à marquer d’une pierre noire.

Il y a bien entendu cette tragique matinée des attentats du 22 mars, qui va entraîner un débours de 164 millions pour les assureurs.

Bien moins dramatique, les pluies exceptionnelles des mois de mai et de juin devraient pour leur part coûter un peu plus de 300 millions aux assureurs. Les chiffres concernant les intempéries de juillet ne sont pas encore connus.

Avec quelle conséquence sur les primes ?

Sur les six premiers mois de l’année 2015, le combined ratio - à savoir les sommes déboursées par rapport aux primes encaissées - était de 116 % pour la branche accident du travail, toutes compagnies confondues.

Pour le premier semestre 2016, ce ratio a grimpé à 136 %. En d’autres termes, les dépenses ont été d’un tiers plus élevées que les recettes.

Même mouvement de hausse pour l’incendie : ce ratio est passé de 85 à 99 %.

Il y aurait donc de la hausse dans l’air. "On peut s’attendre à une adaptation tarifaire de certaines entreprises", a commenté René Dhondt, Directeur général d’Assuralia, tout en rappelant qu’il existe des mécanismes d’augmentation automatique. C’est l’indice ABEX en habitation. C’est encore le bonus-malus en rc auto, qui entraîne une hausse de la prime après un sinistre. "Cela peut suffire pour certains".

Reste que le client est libre de ne pas accepter une augmentation tarifaire. Il peut alors changer de compagnie - il a trois mois après la notification du changement tarifaire.

Le marché, d’ailleurs, bouge. "En dix ans, le top cinq du secteur cède des parts de marché aux poursuivants. Comme quoi, le consommateur reste maître du jeu", note Wauthier Robyns, porte-parole.

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