Argent Le tax shift n’a pas changé la donne.

Les années se suivent et se ressemblent pour le salarié belge: ce dernier reste le plus taxé parmi les travailleurs des 35 pays de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Le tax shift, la réforme fiscale voulue par le gouvernement Michel, n’aurait, selon ses détracteurs, pas donné les effets escomptés. L’OCDE remarque toutefois que la Belgique est l’un des pays, avec l’Autriche, qui a le plus baissé sa charge fiscale sur les salariés en 2016.

Avec 54 % de taux effectif d’imposition, le salarié belge célibataire et sans enfant, est de très loin le plus taxé parmi tous ses collègues des pays développés, devant l’Allemagne (49,4 %) et la Hongrie. Selon l’OCDE, le taux effectif d’imposition ou coin fiscal correspond, en pourcentage des coûts de main-d’œuvre, "au montant total des impôts et cotisations de sécurité sociale versés par les salariés et les employeurs, diminué des prestations familiales reçues et divisé par les coûts totaux de main-d’œuvre pour l’employeur.

Dans tous les pays de l’OCDE, le coin fiscal pour les familles avec enfants est plus faible, ou, dans deux cas (le Mexique et le Chili), le même que pour les salariés célibataires sans enfant. En 2016, c’est la France (40 %) qui avait la fiscalité la moins avantageuse pour les familles comptant deux enfants et un seul apporteur de revenu rémunéré au salaire moyen.

La Belgique, la Finlande, la Grèce, l’Italie et la Suède (tous entre 38 et 40 %) suivaient de près.

Notons que les familles sont aussi particulièrement choyées en Allemagne, au Canada en Irlande ou au Luxembourg, puisque les différences en leur faveur représentent plus de 15 % des coûts de main-d’œuvre par rapport à celle d’un célibataire sans enfant.

Si la Belgique reste championne de la taxation sur le travail, l’OCDE remarque une diminution notable de ses coins fiscaux, tant pour les célibataires sans enfant (-1,32 point) que pour les familles (-1,73 point). Seule l’Autriche a connu des diminutions plus importantes de ces différentes taxations.

L’OCDE explique cette réduction du coin fiscal belge "par une baisse des impôts sur le revenu des personnes physiques et des cotisations patronales de sécurité sociale". Si la réforme fiscale (tax shift) du gouvernement Michel a donc porté ses premiers effets (qui seront visibles jusqu’en 2019), elle n’empêche pas notre pays de rester aux premiers rangs de la taxation sur le travail.

© D.R.