Argent Vieillissement de la population et banalisation de l’usage de drogues peuvent expliquer ce phénomène.

En Belgique, 74.545 personnes sont totalement incapables de gérer leur argent, précise le SPF Justice. À leur demande ou à celle de leur famille, tout leur patrimoine est géré directement par un tiers, qu’il soit un professionnel (avocat) ou un proche. Leur profil est très variable. Il peut s’agir aussi bien de personnes âgées qui résident dans des maisons de retraite, de personnes ayant des problèmes mentaux ou encore de gens ayant une addiction (drogue, alcool, jeu…).

Une situation préoccupante compte tenu du fait que ce chiffre est en forte augmentation ces dernières années. Même si, comme le précise SPF, les données ne sont pas toujours fiables, le nombre de personnes sous administration était de 32.000 en 2005. Il a donc plus que doublé en une dizaine d’années.

Ce phénomène, les avocats le connaissent bien. "C’est vrai que, ces dernières années, nous avons vu une véritable explosion de ce type de dossiers. Avant, les seniors constituaient l’essentiel de ceux placés sous administration. De nos jours, les jeunes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup sont atteints de schizophrénie ou sont bipolaires", note Me Gaillard, avocate à Bruxelles.

Car dans la majorité des cas, cette décision, qui est prise par un juge, sert à protéger les gens de leurs propres pulsions. "L’usage de drogue s’est banalisé dans notre société. Les alcooliques et les toxicomanes sont plus nombreux et ont grandement besoin d’une aide extérieure. Si on ne leur donne pas leur argent au compte-gouttes, ils dépensent tout dès les premiers jours du mois. C’est d’ailleurs pourquoi il est préférable, dans ces cas, que l’administration soit un professionnel. Nous pouvons beaucoup plus facilement dire ‘non’ que le papa ou la maman…", insiste Me Gaillard.

Et pourtant, la mise sous administration suscite toujours une certaine méfiance. La faute surtout à Jean-Luc Burion, ancien avocat, qui avait détourné, entre 1995 et 2006, des millions d’euros en provenance de comptes dont il avait l’administration. Mais pour Me Gaillard, il s’agit d’une exception. "Les règles qui régissent l’administration de biens sont très strictes. L’administrateur se doit de fournir un bilan annuel au juge. Ce dernier l’épluche systématiquement et exige des justificatifs pour toutes les dépenses."