Argent Rares sont les commerçants qui arrondissent le ticket de caisse.

Il aurait été tellement plus simple de les supprimer, purement et simplement, ces fameuses pièces de 1 et 2 cents dont vous ne savez que faire.

Trop simple sans doute, alors que ces pièces coûtent plus cher à fabriquer (1,6 cent pour la pièce de 1 cent) que leur valeur faciale.

Le ministre des Finances Koen Geens avait du coup sorti une autre idée de son chapeau, proposant en février 2014 d’arrondir les tickets de caisse à 0 ou 5 cents. C’était donc la mort annoncée des pièces de 1 et de 2 cents.

À nouveau trop simple, sans doute.

Le gouvernement Di Rupo accouchait finalement d’une solution compliquée à souhait : chaque commerçant pouvait, s’il le souhaitait, arrondir le montant total du ticket de caisse aux 0 ou 5 cents les plus proches. Mais uniquement pour les paiements en cash. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer…

Et, devinez quoi ? C’est un flop. À peine un dixième des commerçants ont décidé d’arrondir le montant total du ticket de caisse à 0 ou 5 cents, selon une enquête du Syndicat neutre pour indépendants à laquelle 511 commerçants ont participé. De nombreux supermarchés et grandes chaînes de magasins ne l’appliquent tout simplement pas, rappelle le SNI.

Cela ne surprend pas vraiment. "À première vue, ce n’est pas illogique", estime la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. "Parce que les règles de l’arrondi ne s’appliquent pas aux paiements électroniques, les commerçants ne peuvent adapter leur système de caisse. De plus, ils craignent de faire peur aux clients quand ils pratiquent l’arrondi. Un client pense que l’arrondi signifie automatiquement une hausse des prix, ce qui n’est pas le cas."

Bref, la possibilité d’arrondi, entrée en vigueur le 1er octobre dernier, est bien loin d’avoir réglé le sort des pièces de 1 et 2 cents, qui ne cessent de s’accumuler dans les tirelires ou dans les fonds de tiroirs.

Chaque Belge en possède, en moyenne, plus d’une centaine.

Au rythme où c’est parti, ce n’est pas demain que la Monnaie royale pourra cesser de battre de nouvelles pièces de 1 et 2 cents !


4 millions de pièces récoltées

Se débarrasser de pièces et en même temps poser un geste sociétal : c’est l’objet de l’opération pièces rouges de BNP Paribas Fortis et Fintro.

Le principe est simple : vous déposez vos pièces rouges dans une tirelire disposée en agence. L’argent récolté est alloué aux Banques alimentaires, qui ont pu offrir plus de 38.500 repas chauds en 2014.

L’opération en était, cet hiver, à sa quatrième édition, en fait clôturée à la mi-janvier. Les tirelires ont recueilli quelque 4 millions de pièces, soit environ 12 tonnes de piécettes. Cela devrait représenter plus de 100.000 euros.

"Nous avons été touchés par le grand élan de générosité de la part des clients, des écoles participant à l’opération et des collaborateurs de la banque", souligne Valery Halloy, porte-parole.

Au moins vous savez que faire, à l’avenir, de vos petites pièces.


Par ici la monnaie !

Si vous avez des montagnes de pièces chez vous, vous pouvez les déposer en banque.

Chez Belfius, ce sera 3,72 euros par sac. Et vous devez utiliser un sac si vous rentrez plus de 50 pièces - qu’elles soient rouges ou jaunes. "Les 3,72 euros par sac servent à couvrir les frais liés au transport et au comptage", précise Thierry Martiny, porte-parole.

BNP Paribas Fortis propose des K’Libres. Dès qu’ils sont totalement remplis, vous pouvez les rentrer à l’agence. C’est gratuit pour les clients particuliers, les entrepreneurs, les indépendants et professions libérales.

ING a pour sa part supprimé les clips de monnaie. Toutes les pièces doivent être versées dans un sac. C’est gratuit pour les particuliers et associations et 4 euros pour les commerçants.

Chez Axa Banque, c’est minimum 4 euros pour tout le monde.