Argent De plus en plus de Belges cherchent une alternative aux taux bas de l’épargne.

Le prix moyen d’une maison ordinaire a dépassé les 200.000 euros en 2015, selon les estimations de BNP Paribas Fortis, en hausse de 3 % à 205.259 euros, contre 199.474 euros en 2014, alors que les transactions immobilières atteignaient le chiffre de 138.712, en hausse de 6,4 %.

C’est dire si l’amour du Belge pour la brique ne se dément pas : "L’intérêt que continue de susciter l’immobilier dans notre pays ne semble pas s’essouffler", selon BNP Paribas Fortis.

Si la machine des crédits a tourné à plein au sein de la première banque du pays, comme partout ailleurs, c’est avant tout pour le refinancement : 65 % des nouveaux crédits ont été des refinancements internes ou externes, contre 44 % en 2014 et 22 % en 2013. "Les clients ont profité des taux très bas et ont réalisé des économies", note Nadia El Mehdi, responsable des crédits aux particuliers.

La durée moyenne d’un crédit s’est inscrite à 224 mois (18 ans et 8 mois), contre 223 mois un an plus tôt. Elle était de 254 mois en 2007.

"Cette durée plus courte est liée aux taux très bas", remarque encore Nadia El Mehdi. "Or, ce qui coûte cher dans un crédit, c’est sa durée."

Dans cette période de taux bas, ce sont logiquement les formules à taux fixe qui ont été plébiscitées par les clients de BNP Paribas Fortis : quelque 95 % d’entre eux ont opté pour un fixe pur et dur (le fixe entre 21 et 25 ans dans un tiers des cas). Quelque 3,9 % des clients ont opté pour la formule variable 5 ans et 0,6 % encore pour le variable 10 ans.

Ils sont à peine 0,7 % à avoir opté pour la formule à révision annuelle.

Pour la suite, BNP Paribas anticipe une "possible" remontée des taux au 2e semestre, mais à un rythme lent, voire très lent.

Les crédits à la rénovation ont également très bien marché l’an dernier.

Et pour cause : de nombreux Belges ont anticipé le changement de régime de la TVA, le taux préférentiel de 6 % étant depuis le 1er janvier réservé aux travaux effectués dans des habitations de 10 ans ou plus, contre 5 ans auparavant.

Le montant emprunté est alors de 47.470 euros, pour une durée moyenne de 199 mois.

Si les taux sont bas pour l’emprunteur, ils le sont également pour l’épargnant, qui se tourne vers d’autres alternatives pour faire fructifier son patrimoine financier.

Ainsi, le nombre de prêts accordés chez BNP Paribas Fortis pour l’achat d’une seconde résidence a enregistré une hausse de 20 % l’an dernier. "C’est énorme", commente Nadia El Mehdi.

Le montant moyen emprunté dans ce cadre est de 164.337 euros, contre 156.829 pour la résidence principale. L’emprunteur a alors, en moyenne, 42 ans.

Cet achat s’inscrit clairement comme une alternative à l’épargne pour de nombreux emprunteurs. Le but est de mettre cette habitation en location "pour trouver des rendements qu’ils n’auront pas pour d’autres produits".

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Les jeunes ont besoin de 50.000 euros

BNP Paribas Fortis s’est également penché sur le comportement de la génération Y.

Au sein de la banque, un crédit hypothécaire sur cinq est accordé aux moins de 30 ans. Groupe cible moins nanti financièrement, les jeunes préfèrent les biens existants à la construction neuve.

Les montants empruntés sont plus bas (142.013 euros en moyenne) et ce public emprunte 86 % de la valeur du bien, soit légèrement plus que les 80 % que la banque permet généralement à ses clients.

Surtout, la durée de l’emprunt est bien plus élevée que la moyenne : elle est cette fois de 272 mois, contre 224 si l’on prend l’ensemble des emprunteurs. Le poids des remboursements pèse 36 % de leurs revenus, soit un niveau stable par rapport à 2014.

Enfin, ils ne doivent pas arriver les mains vides : l’apport des fonds propres doit être en moyenne de 50.000 euros, pour couvrir la différence entre le crédit accordé et le prix de l’habitation, mais aussi les frais de notaire, estime Greet Van Criekingen, responsable des crédits hypothécaires.

Il faut souvent compter sur la générosité de papa et maman…