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Les Bourses ont dégusté ces derniers jours. Pas de panique!

BRUXELLES L'investisseur a véritablement dégusté au cours des derniers jours, voyant séance après séance les indices boursiers s'enfoncer chaque jour un peu plus dans le rouge avant de reprendre quelques couleurs vendredi.

La séance de mercredi dernier a même tourné au cauchemar: Paris, Francfort, Londres, Madrid et Bruxelles ont, par exemple, plongé de 3% ou plus en quelques heures, rappelant de douloureux souvenirs aux titulaires d'actions ou de fonds d'actions. Il y avait plus de 3 ans que les Bourses n'avaient plus été aussi chahutées.

Pourquoi un tel revirement des marchés financiers qui, voilà dix jours à peine, affichaient des hausses coquettes depuis le début de l'année, de 12% en moyenne pour les places européennes?

«La raison principale est le spectre du retour à l'inflation aux États-Unis», souligne Emmanuel Lefèvre, analyste chez Fortis Banque. Une crainte encore un peu plus nourrie avec l'indice des prix à la consommation publié mercredi, en hausse de 3,5% en avril.

Or, qui dit retour de l'inflation dit hausse des taux d'intérêt. Et une telle hausse ne serait pas sans conséquences néfastes pour l'économie et les bénéfices des sociétés, moteurs des marchés boursiers.

Mais l'on n'en est pas encore là: une hausse des taux reste actuellement une hypothèse toutefois suffisante pour inquiéter le marché. «Les derniers propos du président de la FED n'ont pas étayé la thèse de la fin du cycle de resserrement monétaire», explique l'analyste de Fortis Banque. Emmanuel Lefèvre table donc sur la poursuite de ce climat d'incertitude tant que la Réserve fédérale américaine (FED) n'aura pas délivré un message clair.

Un climat d'incertitude avec lequel l'investisseur devra se réhabituer après trois années de douce euphorie. Emmanuel Lefèvre table, certes, sur une consolidation des marchés, mais n'entrevoit pas dans l'état actuel des choses un scénario catastrophe. «Nous ne retenons pas comme scénario la dégringolade des marchés. Nous entrons plutôt dans une phase où les marchés vont reprendre leur souffle.»

Plusieurs éléments pourraient soutenir le marché dans les semaines à venir. Si la FED devait prononcer le statu quo, «cela donnerait une petite bouffée d'oxygène» aux marchés.

Les marchés connaissent aussi, généralement, un «petit rally» d'été entre la mi-juin et la mi-juillet. La correction actuelle pourrait conforter «une petite période de reprise».

De quoi rester optimiste, sans toutefois oublier que les marchés peuvent se retourner en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, les derniers jours sont là pour vous le rappeler. «Des éléments exogènes comme l'explosion du prix des matières premières pourraient secouer les marchés», estime encore Emmanuel Lefèvre. La prudence reste donc de mise.

© La Dernière Heure 2006