Argent Chaque ménage possède en moyenne un patrimoine de 451.000 euros.

Les Belges n’ont pas vraiment à se plaindre, si l’on en croit la dernière étude d’ING sur la richesse des ménages européens.

Chaque ménage belge possède en effet un patrimoine moyen de quelque 451.000 euros, comprenant à la fois les avoirs financiers et la ou les habitations appartenant à la famille.

"Avec un patrimoine net d’environ 450.000 euros, les Belges sont plus riches que les autres ménages de la zone euro", souligne ING. À titre de comparaison, le patrimoine moyen des ménages de la zone euro est de 255.000 euros.

Et, quoi qu’il en pense, le Belge est plus riche qu’il y a quelques années, de l’ordre de 18 % en moyenne depuis 2007, date à laquelle la crise financière allait connaître ses premiers soubresauts.

Il y a plusieurs raisons à cela. Le Belge, en général, n’a pas été trop touché par la crise boursière, même si certains détenteurs d’actions Fortis ou encore Dexia ont sérieusement dégusté.

La raison ? Le Belge avait placé pas mal d’épargne dans des produits insensibles aux mouvements boursiers (comptes d’épargne, bons de caisse).

L’autre raison, c’est que l’immobilier constitue une part importante du patrimoine des ménages belges. Or, contrairement à d’autres pays qui ont dû faire face à une crise immobilière aiguë, entraînant des baisses solides de la valeur des maisons et des appartements, cela n’a pas été le cas en Belgique.

Les différences ont été importantes entre le Nord et le Sud de l’Europe, où les prix de l’immobilier, justement, ont eu tendance à chuter lourdement.

La richesse nette des ménages du Sud de l’Europe a dû attendre fin 2013 pour redresser la tête, soit plus de deux ans après la reprise de la hausse en Belgique.

Mais bon, tous les Belges n’ont pas été logés à la même enseigne. "Les hauts revenus, tant en Belgique que dans la zone euro en général, ont tendance à voir leur patrimoine baisser plus vite dans les périodes de crise que celui des revenus moins élevés et à profiter plus que ceux-là des périodes de reprise", remarque l’enquête d’ING. "C’est notamment dû à la structure du patrimoine des différentes classes de revenus : les plus élevés ont généralement plus de produits risqués en portefeuille, ce qui impacte leur patrimoine en période de crise mais laisse ce dernier se relever beaucoup plus rapidement après celles-ci."

Si l’on prend la richesse globale des ménages belges, cela donne 1.200 milliards d’euros de patrimoine immobilier et 1.200 milliards de patrimoine financier, sur base des données à la fin octobre 2015.

Dans le patrimoine financier, on retrouve bien entendu l’incontournable compte d’épargne, produit refuge s’il en fut durant l’essentiel de la crise.

Le Belge a aussi pas mal d’argent au fond de ses poches ou dans son porte-monnaie : il y a 31,8 milliards d’euros en cash répertoriés dans le patrimoine financier.

Il y a aussi quelque 56,8 milliards d’euros sur les comptes à vue, des montants qui pourraient sans doute connaître des sorts plus fructueux.

Il s’agit bien entendu de chiffres globaux : tous les ménages belges ne possèdent pas un patrimoine aussi confortable que ces 451.000 euros. Loin de là.

Les chiffres, néanmoins, sont là : le Belge, en général, a de l’argent, quoi qu’il puisse penser ou dire.

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Les Belges, champions de l’épargne ?

On l’a dit et redit : le Belge adore le compte d’épargne, à tel point qu’il semble parfois oublier l’existence des produits d’investissement censés lui rapporter plus sur le long terme.

"En Belgique, comme dans la plupart des autres pays, les flux d’épargne vers les dépôts ont été importants pendant la crise : entre la mi-2007 et la mi-2015, les dépôts (au sens large, et y compris la monnaie) ont augmenté de 111 milliards, soit environ 3,5 milliards par trimestre, ce qui se compare à une augmentation de 2,5 milliards par trimestre dans les 8 années précédant 2007", analyse ING.

C’est bien entendu beaucoup d’argent. "Compte tenu du niveau des revenus en Belgique, la part des dépôts dans le patrimoine n’est pas disproportionnée", nuance toutefois l’étude de la banque ING.

Sur les comptes d’épargne, justement, ING a affiné l’analyse : 12 % des Belges n’ont tout simplement pas de compte d’épargne (c’est 27 % en Grèce), alors que 15 % en ont trois ou plus. "On note que ce sont surtout les personnes âgées qui détiennent davantage de comptes d’épargne : elles sont 21 % à posséder trois comptes ou plus."