Auto-moto Les quatre grands groupes automobiles ont décidé de s'allier pour développer un réseau de bornes de recharge accessibles à tous les véhicules électriques

Il est loin le temps où la conception et la réalisation de véhicules électriques étaient l'apanage de quelques petits constructeurs aussi discrets qu'éclairés (sans jeu de mots!) Et si les grands groupes ont longtemps hésité à se lancer massivement dans l'aventure, ce n'est plus le cas aujourd'hui. La preuve par cet accord que certains qualifient d'historique entre 4 des plus grands et des plus influents groupes automobiles au monde. BMW avait été l'un des précurseurs en lançant sa gamme i, Mercedes vient d'annoncer au dernier Salon de Paris la mise en route de son programme EQ et le groupe VW (Audi et Porsche inclus) mise sur la vente de 2 à 3 millions de véhicules "électrifiés" d'ici 2025.

D'ici 2020, 400 bornes de recherche ultra-rapides

Ces quatres géants annoncent la création d'une entreprise commune afin de "déployer un réseau de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques à l'échelle européenne." Grâce à ce projet, deux des principaux freins à la démocratisation de l'électrique pourraient se lever: le manque de points de recharge et le temps nécessaire à charger les batteries. Le réseau de bornes ultra-puissantes et rapides que développeraient BMW, Daimler, Ford et Volkswagen serait en effet capable de recharger la batterie de n'importe quel véhicule électrique ou hybride rechargeable au standard CCS ( Combined charging system), en moins d'une heure. Comparé aux délais souvent compris entre 4 et 8 heures sur les stations publiques actuellement en fonction, ce serait une avancée considérable.

Cette coopération sans précédent débutera en 2017, avec comme objectif le déploiement, d'ici 2020, de 400 bornes de recharges à très forte puissance (350 kW) le long des principaux axes autoroutiers en Europe. "Nous voulons créer un réseau grâce auquel nos clients n'auront besoin que d'une pause-café pour recharger leurs véhicules sur de longues distances", expliquait récemment le grand patron d'Audi, Rupert Stadler.

Le Dieselgate a joué un rôle...

Le scandale du Dieselgate a sans aucun doute joué un rôle dans cette volonté de développer le marché "électromobile", les autorités de chaque pays se montrant désormais plus strictes sur les processus de certification et sur les performances exactes, en conditions réelles, des moteurs thermiques, lesquels semblent atteindre leur limites au niveau de leurs évolutions technologiques. Pour que les constructeurs puissent à l'avenir respecter des normes environnementales de plus en plus sévères, le passage à l'électrique (pur ou hybride) paraît inéluctable. Comme quoi, à toute chose, malheur est bon...