Auto-moto La Mazda2 confirme le nouveau style, mais aussi la nouvelle vitalité du constructeur de Hiroshima

BARCELONE Si Mazda a connu des années difficiles, en tout cas en Europe, c'est parce que, ces derniers temps, la marque japonaise était pratiquement absente des créneaux A et surtout B, ce dernier étant celui des Corsa, C 3, 206, Fiesta, Clio, Polo, etc., bref un segment qui prend de plus en plus d'importance chez nous.

La 121, qui s'inscrivait dans ce créneau, a connu de nombreuses péripéties. On se souvient encore de celle qui a été reprise, ensuite, par Kia, sous le nom de Pride dont le label de voiture la moins chère du marché n'a guère réussi à en faire un succès. Il y eut ensuite le chapeau boule qui connut un certain succès d'estime avant de sombrer. Mazda, racheté par Ford (qui contrôle 33,4% du capital) a alors simplifié les choses, en badgeant la Ford Fiesta comme Mazda 1212, mais personne, chez nous, ne voyait l'intérêt qu'il y eût à acheter le clone d'un modèle qui se suffisait à lui-même sous son propre nom.

Certes, le trou a été partiellement comblé par la Demio, l'un des premiers minimonospaces présents sur notre marché, mais, peu conçu pour l'Europe, ce modèle est resté anecdotique au niveau des ventes: il n'a été écoulé qu'à 500 exemplaires à peine en Belgique.

Mérite mieux que zoom-zoom

Quelques mois après le lancement de la Mazda6, voici la Mazda2 qui a tout pour permettre au quatrième constructeur nippon de sortir définitivement de l'ornière.

Le patron de Mazda, Lewis Brooth, affirme: «La Mazda2 incarne chaque aspect de notre nouvelle philosophie de produits. A l'instar de la Mazda6, elle représente le feeling zoom-zoom qui constitue le nouvel esprit de notre marque.» Mazda est visiblement très fier de sa trouvaille de communication, le feeling zoom-zoom qui est resservi avec tous les plats. Mais, au-delà de ces mots qui ne signifient pas grand-chose, la Mazda2 paraît surtout plus grande qu'elle ne l'est en réalité. Un empattement long, des voies larges et, surtout, une hauteur intéressante permettent un usage familial que les modèles qui ont précédé n'autorisaient pas. Plus longue que la Demio de 11,7 cm, plus large de 3 et plus haute de 4,5, c'est la voiture la plus généreuse de sa catégorie en ce qui concerne la garde au toit et la largeur intérieure. Mais, personnellement, nous considérons que c'est surtout au niveau des sièges que les progrès sont les plus spectaculaires, que ce soit au niveau de leur dimension, de leur recouvrement, de la position d'assise ou du maintien lombaire et fémoral.

Cousine de la Fiesta

Mazda répugne généralement à avouer des liens trop étroits avec Ford. Pourtant, ce n'est pas une tare, et il est patent que les Mazda2 se trouvent, par exemple, sur la même ligne de production que les nouvelles Fiesta à l'usine de Valence, ce qui n'enlève rien à leur personnalité propre.

En ce qui concerne les motorisations, celle qui nous intéresse le plus est connue, c'est le nouveau 1.4 turbodiesel à rampe commune (68 ch), construit en commun par Ford et PSA, mais c'est, sauf erreur, Mazda qui utilise le premier la possibilité de le coupler à la boîte séquentielle. Les trois moteurs à essence, 1.25, 1.4 et 1.6, respectivement de 75, 80 et 100 chevaux, sont des moteurs de la famille Zetec qui, eux aussi, ressemblent décidément fort à ceux de la maison mère...

Fin mars en Belgique

Au niveau de la place, le coffre offre un bon volume de 267 litres, qui peut aller jusqu'à 1.044 litres, sièges arrière rabattus, avec un plancher parfaitement plat.

C'est cependant sur la route que les progrès sont les plus sensibles. Il paraît que la rigidité tortionnelle de l'essieu arrière a été augmentée de 45% par rapport à la Demio. Toujours est-il que la tenue de route, dans son ensemble, a beaucoup progressé tout comme son corollaire inévitable, le plaisir de conduire.

L'objectif de l'importateur est de vendre encore en 2003 1.610 Mazda2, ce qui devrait représenter 23% des ventes de la marque en Belgique où elle s'attaque, à la fois, au créneau traditionnel des B, mais aussi à celui des MPV du secteur, dont les Gets, Jazz, Yaris Verso, Fusion et Space Star. Trois degrés d'équipement (Si, TSi et TRSi) seront disponibles, mais l'équipement de base est abondant et les options payantes sont réduites à leur plus simple expression: la peinture métallisée et l'air conditionné.

Les prix de la Mazda2, qui sera disponible fin mars, s'étendront de 11.399 € pour la 1.25 Si à 15.899 € pour la 1.6 TRSi.

© La Dernière Heure 2003