Auto-moto 34% des voitures neuves vendues en Belgique en 2017 s’affranchissaient de la boîte manuelle. Va-t-elle dans un cul de sac ?

C’est un cap, que vient de franchir la Belgique automobile : 2017 fut la première année de notre histoire où les véhicules neufs achetés étaient, pour plus d’un tiers des cas, munis d’une boîte automatique.

On parle, pour être exact, de 34% des nouvelles voitures immatriculées en 2017. Soit quelque 186.000 autos, équipées d’une boîte automatique ou "assimilée automatique". Il convient en effet de distinguer, dans cette catégorie, la boîte automatique pure et dure, la boite séquentielle (robotisée incluse), la boîte CVT (à variation continue).

Point commun de tous ces modes de transmission : l’absence de pédale d’embrayage.

L’augmentation de la part de boîtes auto vendues en concession n’est pas uniquement spectaculaire d’année en année. Si 2016 faisait état d’une part de 27% de boîtes non manuelles contre 34% aujourd’hui, lorsque l’on porte notre regard plus loin, la tendance de fond se révèle encore plus spectaculaire : en 2010, à peine 1 voiture sur 10 (11,5% pour être précis) osait l’affranchissement de la boîte méca.

Qu’est-ce qui explique cette évolution, finalement assez rapide ? Plus sécurisante (elle permet au conducteur d’avoir plus souvent ses deux mains sur le volant), plus reposante (surtout sur les longs trajets et au cœur d’un trafic embouteillé qui exige, au volant d’une manuelle, de beaucoup jouer avec l’embrayage), la boîte automatique a longtemps eu le défaut de consommer davantage que son homologue manuelle.

C’est nettement moins vrai aujourd’hui. "L’intérêt de la boîte automatique réside dans son agrément de conduite, mais aussi dans sa sobriété, nous expliquait Christophe Weerts, porte-parole de BMW. Une boîte automatique consomme aujourd’hui moins qu’une manuelle car elle change de vitesse au bon régime alors qu’avec la boîte manuelle certains ont tendance à tirer plus dans les rapports."

Mieux étagées, les nouvelles boîtes auto, qui comptent parfois jusqu’à 9 (!) rapports, ont également pu s’adapter à tous les types de segment automobile. Bien qu’elles coûtent toujours plus cher à l’achat : entre 1.000 et 2.500 € selon les modèles. C’est dû aux coûts de production, plus élevés, mais aussi au phénomène de l’offre et de la demande : si la popularité des boîtes auto augmente, leur prix ne fera que descendre.

Alors, va-t-elle mourir de sa petite mort, la boîte manuelle ? Probablement pas. Même si Ferrari a abandonné ses boîtes mécaniques, beaucoup d’amateurs de voitures sportives n’envisagent de dompter les chevaux qu’avec une voiture à trois pédales. Puis, même un pays comme les États-Unis, où la boîte manuelle ne pèse que pour 5% des ventes depuis belle lurette, ne l’a jamais totalement supprimée...