Auto-moto Les deux pays vont échanger leurs données kilométriques. Plus de 45.000 véhicules concernés chaque année.

En dix années d’existence, le Car-Pass a fait ses preuves. "La mise en place du système a permis d’éradiquer presque entièrement la fraude au kilométrage", notait hier l’administrateur-délégué de l’ASBL Car-Pass Michel Peelman, qui déplorait dans la foulée le fait que "ses effets positifs sont hélas limités à la Belgique. Depuis des années, l’ASBL Car-Pass œuvre en faveur de la mise en place d’un système européen, sans pour autant obtenir des résultats probants, du moins jusqu’à ce jour".

Sa complainte a été entendue par nos voisins du Nord. Un accord vient d’être signé en la Belgique et les Pays-Bas, annoncent les ministres Kris Peeters (CD&V, Économie) et Bellot (MR, Mobilité). En clair : les deux pays vont échanger leurs données kilométriques, de sorte que l’historique des 45.000 véhicules changeant chaque année de propriétaire soit parfaitement traçable. Pourquoi les Pays-Bas ? Parce que la fraude au compteur kilométrique y est massive, surtout en matière d’importations de véhicules.

"Chaque année, plus de 10.000 véhicules sont importés en Belgique depuis les Pays-Bas. En moyenne, la fraude atteint 164.000 km. Le taux de fraude atteint près de 20 % du total de kilomètres déclarés. D’après les chiffres officiels : 15 % des véhicules hollandais vendus en Belgique présentent un compteur trafiqué. Les vendeurs belges semblent plus honnêtes : le taux de fraude dépasse à peine les 5 %. À l’achat, cela représente un coût supplémentaire de 1,2 million d’euros pour le consommateur belge. Auquel il faut ajouter 1,7 million d’euros supplémentaire si l’on prend en compte les entretiens et l’usure, forcément plus rapides, du véhicule", dévoilent les deux ministres.

Une uniformisation de ce système désormais éprouvé à l’ensemble de l’Union européenne n’est pas à l’ordre du jour, déplorent les deux ministres. Dommage. Citant une étude réalisée à la demande de Car-Pass en 2010, le préjudice de la fraude au kilométrage lors de la vente de véhicules d’occasion est estimé entre 5,6 et 9,6 milliards d’euros à l’échelle européenne.