Auto-moto Ce nouveau modèle a été développé par BMW

OPHAIN Plus la peine de présenter Rolls-Royce. Plus la peine, vraiment? Rassurez-vous, le but de cette marque est toujours de produire la meilleure voiture du monde. Mais elle le fait désormais dans une usine ultra-moderne, construite de toutes pièces en Angleterre par BMW. La marque allemande s'est en effet contentée de racheter le nom de Rolls-Royce, laissant les usines et les anciens modèles fabriqués à Crewe au groupe Volkswagen, qui exploite l'ensemble sous le nom de Bentley.

La nouvelle Phantom est donc 100% nouvelle, les ingénieurs étant partis d'une feuille blanche pour la façonner. L'expression feuille blanche n'est toutefois pas tout à fait appropriée à une marque comme Rolls-Royce, l'héritage et l'image de la marque ayant évidemment servi de fil conducteur aux concepteurs du nouveau modèle.

Majestueuse

Si en photo, la Phantom peut paraître un peu lourde, il n'en va pas de même lorsqu'elle évolue dans la circulation. Là, elle est plutôt majestueuse et surtout très impressionnante. Ses concepteurs l'ont en effet voulue nettement plus volumineuse que ses devancières, pour retrouver le caractère imposant des Rolls des années 50 et 60. Avec de telles dimensions, elle ne passe effectivement pas inaperçue... mais ne passe pas non plus partout. Lors de ses premiers tours de roues, celui qui a la chance de conduire ce carrosse n'en mène pas large. Ou plutôt si, car la Phantom occupe toute la largeur de la bande de circulation!

Le grand volant à la jante très fine vous renvoie pas mal d'années en arrière. La tenue de cap n'est pas la plus grande qualité de ce paquebot mais cette voiture n'est évidemment pas faite pour rouler sportivement. Les techniques modernes dont elle bénéficie ont profité à son confort mais n'ont pas vraiment servi à la rendre plus efficace sur parcours sinueux. Les suspensions filtrent donc merveilleusement bien les inégalités de la chaussée.

L'habitacle est tel qu'on l'imagine. Aucun détail n'a été laissé au hasard, les plus beaux matériaux du monde ayant été assemblés avec le plus grand soin. Du très beau travail, d'autant plus que le fabricant a eu la bonne idée de ne pas laisser apparaître les accessoires modernes, qui cadrent mal avec la tradition. Ainsi, l'écran du système multimédia i-Drive, importé des BMW haut de gamme, est caché derrière une horloge au style ancien. Le bouton permettant de faire descendre la fameuse Victoire de Samothrace sous le capot est également dissimulé dans la boîte à gants, tout comme les réglages électriques des sièges.

Mais une Rolls, nous direz-vous, s'apprécie avant tout aux places arrière. Ce n'est qu'à moitié vrai, de nombreux propriétaires n'hésitant pas à conduire eux-mêmes leur bijou. Pourtant, il est vrai que la banquette est royale, avec un accès encore facilité grâce à l'ouverture antagoniste des portes, qui se ferment électriquement. On ne regrettera qu'une seule chose: qu'il n'existe pas de version longue permettant aux passagers arrière de s'allonger, comme dans une Maybach 62, la plus grande concurrente de la Phantom. Bravo en revanche pour le soin du détail avec, par exemple, la présence de parapluies intégrés dans les portières ou encore les logos Rolls-Royce restant toujours à l'horizontale grâce à des enjoliveurs à roulements à billes. Des attentions qui ne feront toutefois pas oublier un prix de 387.200 euros TVAC !

© La Dernière Heure 2004