Auto-moto Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, veut que la Belgique soit dans les pays à la pointe en la matière.

La société Aon a organisé, hier, un voyage en peloton de voitures autonomes (ou presque) sur les routes belges. Première à laquelle la DH a participé.

Concrètement, le test a été effectué grâce à 30 véhicules à haut degré d’autonomie des marques Audi, BMW, Mazda, Mercedes, Toyota, Lexus, Volkswagen, Volvo et Tesla. Ce gotha de la bagnole de luxe a roulé, en rang d’oignon par pelotons de cinq véhicules, de Bruxelles à Bornem (aller et retour) en empruntant, entre autres, le ring de Bruxelles.

Le but de la balade, essayer des voitures haut de gamme équipées des outils les plus avancées en matière d’aide à la conduite, comme l’Adaptive Cruise Control (ACC) et le Lane Keeping Assist System (LKAS). En fait, l’ACC permet, une fois dans le trafic, de lâcher les pédales. La voiture freine et réaccélère en fonction des véhicules devant elle en respectant toujours la distance de sécurité. Le LKAS rectifie votre trajectoire si vous franchissez une ligne continue.

Cet exercice a permis à l’Institut pour la Mobilité (IMOB), et l’université d’Hasselt, de collecter pour chaque véhicule des données relatives à la vitesse, aux accélérations et au comportement de freinage.

Pour Al Pijnacker, membre de la direction d’Aon Belgium, "les résultats du test permettront d’abord de mieux savoir comment les conducteurs se comportent avec des équipements déjà disponibles à l’heure actuelle. Il apparaît en effet qu’au moins 70 % des chauffeurs n’utilisent pas correctement ces systèmes et les délaissent quand il s’agit de choisir les options de leur véhicule de société : un potentiel d’amélioration de la sécurité reste donc inexploité. Une meilleure diffusion des informations et une plus grande sensibilisation nous permettront de contribuer à une sécurité améliorée."

Outre la sensibilisation, Aon insiste pour que la technologie joue le plus vite possible un rôle dans la mobilité. Pour cause, en Belgique, 90 % des accidents sont dus à une erreur humaine. Le total de ces accrochages coûte 12 milliards d’euros, majoritairement aux compagnies d’assurances. Ces compagnies étant partenaires ou elles-mêmes assurées chez Aon. La boucle est bouclée.

L’autonomie totale n’est pas encore tout à fait d’actualité, mais même si elle l’était, de nombreux problèmes légaux se présenteraient. "En cas de sinistre, qui devra payer les indemnisations si la voiture est autonome ? Le propriétaire, le constructeur, le garagiste qui entretient la voiture ? Ce sont des points à éclairer", interroge le ministre de la Mobilité François Bellot.

Et d’ajouter, "la Belgique est dans le premier tiers européen pour le développement de ces technologies et je tiens à ce qu’on reste dans les premiers pays. Car outre la mobilité, la sécurité routière, cela présente aussi d’énormes opportunités en termes d’emplois, de valorisation d’un savoir-faire déjà implanté."

Chez Aon, chez les constructeurs automobiles comme au niveau politique, on parle de voitures autonomes dans un futur proche… 2020 ou 2025 probablement.


Pour le ministre, on entre dans l’ère des transports intelligents

Pour le ministre Bellot, la mobilité en Belgique est à un carrefour. Les nouvelles technologies d’ores et déjà disponibles (pour certaines) permettent d’entrevoir l’avènement de la voiture sans chauffeur. Celle qui comme un Boeing peut passer en pilotage automatique et gérer tous les paramètres du trajet. Aujourd’hui, nous n’y sommes pas encore mais cette technologie est à nos portes.

Et le ministre reconnaît aisément qu’il faut s’y préparer. Plus qu’une envie, la gestion des véhicules par l’informatique est devenue une priorité du pays. "Il faut savoir qu’en 2004,  commence le ministre de la Mobilité François Bellot , le total des déplacements en Belgique, c’était 115 milliards de kilomètres voyageurs, tous modes de transport confondus. Aujourd’hui, nous sommes à 155 milliards de km voyageurs, soit une hausse de près de 30 % à 40 %. Les routes sont saturées, les transports en commun comme la SNCB ne peuvent plus augmenter leur offre, les réseaux locaux sont également au maximum."

La solution face à cette crise particulièrement présente dans notre pays, l’avancée technologique, en tout cas c’est ce qu’a prétendu le ministre Bellot devant un parterre de journalistes et de professionnels du secteur de la mobilité. "Après l’ère du hardware, de la construction de véhicules de route et d’infrastructures, je pense que les systèmes de transport intelligents (STI) vont permettre des gains d’efficacité bien plus élevés sur tous les modes de transport. Sachant que les attentes sociétales sont énormes en termes de sécurité routière et d’efficacité."