Auto-moto A Oslo, il y en a trop et... pas assez de bornes de recharge dans un pays ou 60% de gens vivent en appartement!

Alors qu'en Belgique, les ventes de véhicules électriques tardent toujours à réellement décoller, la Norvège, elle, est victime de sa politique d'encouragement pour les véhicules verts. Et dans la capitale, on fait désormais la file devant les bornes de recharge!

Plus d'un véhicule sur trois vendus en Norvège est aujourd'hui électrique, ou plutôt, électrifié. Revers de la médaille : ces ventes sont allées plus vite que l'installation des bornes de recharge. Oslo, dont le trafic est composé à 40% de véhicules électriques et hybrides rechargeables, est arrivée à saturation.

Le réseau de recharge ne progresse que de 26% par an alors que le parc de véhicules branchables a augmenté de 100%. Ayant investi très tôt dans l'équipement, la ville commence également à pâtir du vieillissement de certains points de recharge : elle admet devoir s'équiper en chargeurs plus intelligents et plus rapides. Elle a également besoin d'aménager plus d'emplacements dédiés aux deux-roues électriques. On est évidemment loin de ce genre de problématique chez nous...

L'objectif: plus aucune émission due aux automobiles pour 2025!

Il faut dire que les pouvoirs publics norvégiens ont su rendre l'électromobilité attractive. Le parlement norvégien s'est fixé pour objectif de voir rouler uniquement des véhicules à zéro émissions de gaz à effet de serre en 2025. Autant dire que c'est demain déjà.

Pour parvenir à cet objectif particulièrement ambitieux, les autorités publiques y sont allées d'un sérieux coup de pouce. Ainsi, les acheteurs de véhicules électriques sont-ils exemptés jusqu'ici de taxes (TVA à 25%, taxe d'importation) et de péages (autoroutes, ponts, tunnels). Ils embarquent sur les ferries gratuitement et peuvent emprunter les couloirs de bus. L'électricité bon marché (à 95% d'origine hydraulique) - voire offerte à Oslo - a fini de convaincre la population. Au final, la voiture électrique se vend moins chère qu'une thermique au pays des fjords...

Et les conséquences de cette politique n'ont pas tardé. Aujourd'hui, la Norvège, véritable vitrine mondiale de la mobilité électrique, est  victime de son succès. Avec plus de 90.000 véhicules électriques et 27.000 hybrides rechargeables en circulation (chiffres de septembre 2016 déjà dépassés aujourd'hui), elle s'est équipée à grande vitesse en 5 ans. Le pays ne comptait que 2.240 voitures du genre en 2011 ! Mais, à présent, c'est la nation qui compte le plus grand nombre de voitures électriques proportionnellement à la population, avec plus d'un véhicule sur trois électrifiés.

Résultat, à Oslo, où le parc automobile est composé à 40% de véhicules électriques et hybrides rechargeables mais où 60% des gens vivent en appartement, c'est la saturation. De nouveaux investissements en infrastructures de recharge sont d'ores et déjà prévus, mais, plus intéressant encore, la ville a décidé, dès à présent, de sortir du tout voiture en ville, électrique ou non : onze milliards d'euros vont être investis dans les transports en commun vers le biocarburant et l'électrique.

Péages à l'entrée de la capitale... pour tout le monde!

Le pays réfléchit également à diminuer progressivement la circulation à caractère privé, y compris celle des voitures électriques. Dorénavant, toute voiture électrique entrant ou sortant d'Oslo doit transporter au moins deux personnes - conducteur compris - pour emprunter les voies de bus aux heures de pointe. La fin progressive de l'exemption de péage pour les voitures électriques est aussi programmée pour 2018 : il faudra débourser 1,13 euro par passage au péage à l'entrée d'Oslo aux heures de pointe – ce qui reste cinq à six fois moins cher que pour les véhicules essence et diesel. La suppression de l'exemption de TVA à l'achat de ces véhicules est prévue, elle, en 2020.

Décidément, même le recours total à l'électrique n'est pas la solution idéale pour régler le problème des villes saturées par le trafic routier.