Auto-moto Les Nippons s'intéressent de plus en plus aux belles étrangères, mais n'ont jamais vendu autant de voitures à l'étranger

TOKYO Quand on circule dans les rues de Tokyo, on y voit de plus en plus de voitures européennes: des Mercedes Classe S, des BMW Série 7, des Audi 8, des Porsche, quelques Peugeot et Volvo et c'est à peu près tout. Bien sûr, les importées partent de presque rien, et les parts de marché européennes sont passées d'insignifiantes à modestes, mais elles progressent. Les étrangères représentent aujourd'hui 7,4% du marché. Le groupe BMW va augmenter ses ventes de 40% en cinq ans au Japon; Mercedes, qui vend 40.000 voitures par an dans l'archipel, table aussi sur une forte augmentation; Jaguar a doublé ses ventes en deux ans, etc.

Pourtant, dans le reste du monde, ce sont les Asiatiques en général et les Japonais en particulier qui ont le vent en poupe.

Aux Etats-Unis, les Nippons occupent 28% du marché, mais y dégagent 80% de leurs bénéfices, alors que les trois grands groupes américains survivent sans faire de bénéfices. Et, en Europe, après quelques années de crise, les marques asiatiques explosent littéralement.

Nissan a dégagé 11,3% de marge sur le dernier semestre, un taux inégalé dans le secteur automobile, et son action a grimpé de 42% pendant ce laps de temps. La capitalisation boursière de Toyota est de 80 milliards d'euros, ce qui signifie que le N°3 mondial pourrait racheter m'importe quel constructeur européen sur ses fonds propres; Honda et Mazda ont, eux aussi, le vent en poupe.

Cette superbe réussite a donné une étonnante confiance en soi aux Japonais. Ce qui transparaît, en effet, du 37 Tokyo Motor Show, c'est, pour la première fois, l'absence de complexes de l'industrie automobile locale qui ne se contente plus de copier, en moins cher, mais qui crée un nombre incalculable d'originalités.

Tokyo, comme, dans une moindre mesure, Detroit, est le Salon du concept car. D'ailleurs, lors des deux journées de presse, la première est quasiment réservée à ces véhicules du futur, et, le second jour, on fait entrer la majorité des véhicules commercialisés.

On a ainsi pu constater que les Nippons n'ont plus peur d'assumer leur culture, comme pour la Nissan Serenity, dont la calandre s'inspire des masques du théâtre Kabuki, ou la Honda Kiwani qui fait allusion au mont Fuji.

Bref, après avoir convaincu par leur fiabilité, ce que personne n'a jamais nié, et leur prolifération (36 modèles commercialisés rien que pour Nissan, par exemple), les Japonais veulent, aujourd'hui, séduire, ce qu'ils avaient rarement fait jusqu'ici. Et ils y réussissent!

A côté des concept cars qui font rêver, et ils foisonnent, les Japonais ont surtout mis l'accent sur l'écologie et son corollaire, les carburants de substitution. Certes, ce n'est pas nouveau, mais cela se concrétise. Dans quelques semaines, les Belges auront, par exemple, et pour la première fois, le choix entre deux véhicules hybrides, la Toyota Prius de la deuxième génération et la Honda FCX.

Nous tentons de résumer, dans ces pages, l'essentiel des nouveautés des principaux constructeurs japonais.

© La Dernière Heure 2003