Le pare-brise du futur ?

Alexis Carantonis Publié le - Mis à jour le

Auto-moto

Pioneer lance le pare-brise à réalité augmentée au Japon. Dangereux gadget ?

TOKYO Après avoir fricoté avec les jeux vidéo, puis les smartphones et les lunettes (merci Google), la réalité augmentée flirte maintenant avec nos autos. Et c’est Pioneer qui semble le mieux armé pour le prouver de la manière la plus spectaculaire, avec son Cyber Navi. Un genre nouveau d’affichage tête haute (alias HUD, Head’s Up Display ). Le principe de l’affichage tête haute ? Il consiste en la projection, via un picoprojecteur, d’informations routières soit sur un écran en plexiglas rétractable, soit directement sur la surface vitrée du pare-brise.

Oh, Pioneer n’est pas le premier à s’y frotter. L’affichage tête haute, c’est une option (souvent onéreuse) déjà au catalogue de quelques constructeurs, dont BMW et Peugeot comptent parmi les pionniers. Audi, de son côté, a présenté, au dernier CES de Las Vegas, un HUD assez ambitieux autour duquel la marque aux anneaux compte façonner son avenir proche, en matière de télématique embarquée. Mercedes fait de même, avec DICE (Dynamic&Intuitive Control Experience), système lui aussi basé sur la réalité augmentée dans l’habitacle et qui fera converger l’actu des réseaux sociaux, dont on semble condamnés à ne plus être coupés, même au volant.

La norme actuelle de ce marché en pleine expansion : seules des informations basiques (vitesse, fléchage…), de manière épisodique, s’affichent sur ces fameux HUD.

Pioneer n’est pas dans la même optique. Avec son Cyber Navi (qui répond au doux nom de AVIC-ZH99HUD), qu’il commercialisera au Japon dès cet été pour 320.000 yens (près de 3.000 euros) le constructeur entend profiter de toute la surface supérieure du pare-brise. Via un projecteur laser fixé sur la visière, le pare-brise de la voiture deviendra en quelque sorte interactif, puisqu’on pourra y lire sa vitesse, mais aussi le guidage GPS, l’identification des voies, la distance avec la voiture qui nous précède, les limites de vitesse et les feux de signalisation.

Le tout via une caméra frontale fixée sur le rétroviseur central, et qui servira à calculer les estimations de distances. Le projecteur ajustera automatiquement la luminosité en fonction de la lumière. L’image projetée (environ 90 cm sur 30) apparaîtra dans le haut du champ de vision du conducteur, à environ 3 mètres devant lui. Le système est complété par un écran LCD physique capable de dupliquer la vue du conducteur, mais également sur lequel guidage GPS, vidéos et chansons peuvent être lues.

Si rien ne dit que le système débarquera en Europe, où l’on est beaucoup plus friands de solutions intégrées par les constructeurs que de systèmes de seconde monte, il va sans dire que, dans leur croissante démarche de rapprochement avec l’industrie high-tech, nos véhicules vont évoluer vers ce genre de solutions.

Il faudra toutefois un cadre légal strict pour les encadrer : mal pensé, ce genre de gadget aurait vite fait de polluer le champ de vision des conducteurs, et donc d’augmenter les risques d’accidents potentiels.



© La Dernière Heure 2012
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