Auto-moto

L’Audi R8 V10 ne craint plus personne dans le monde des meilleures GT


BRUXELLES En 2006, Audi créait la sensation : c’était la première fois qu’une marque certes premium, mais généraliste, s’aventurait dans le segment des super GT, dans lequel on ne trouve que de vrais spécialistes qui ne font (presque) rien d’autre, comme Porsche, Aston Martin, Ferrari, Corvette ou encore McLaren. Mais surtout Lamborghini qui, appartenant tout comme Audi au groupe Volkswagen, partage de nombreux éléments, dont la plateforme, avec la R8.

Ce fut, assurément, une bonne idée puisque la marque aux anneaux ne produit pas moins de vingt bolides par jour dans l’usine de Neckarsulm. Elle surfait, il est vrai, sur les spectaculaires succès des… R8 aux 24 Heures du Mans.

Six ans plus tard , la bête sauvage d’Audi se devait de subir le lifting d’usage bien que l’engin ne soit, en rien, passé de mode. Qu’y a-t-il de changé ? Trois choses, essentiellement.

Sur le plan esthétique, les modifications ne sont pas spectaculaires, mais méritent l’attention : des boucliers avant et arrière modifiés, une calandre plus anguleuse, des jantes spécifiques et, surtout, un affichage lumineux extrêmement spectaculaire : tous les feux sont à diodes (54 leds !), à l’avant comme à l’arrière, ainsi que des clignotants dynamiques, où l’affichage lumineux défile de l’intérieur vers l’extérieur.

Autre nouveauté importante : l’arrivée d’une boîte de vitesses magique : la S tronic à double embrayage et sept rapports qui remplace très avantageusement la R tronic à six rapports.

Et puis, last but not least, l’arrivée d’une version encore plus puissante, plus rapide, la V10 Plus.

Nous avons eu l’opportunité d’essayer les différentes versions, sur route, mais aussi, ce qui est indispensable à ce niveau de performances, sur le circuit de Misano qui, depuis peu, porte le nom du malheureux champion motocycliste italien Marco Simoncelli. Édifiant !

Les deux motorisations V8 4,2 de 430 chevaux et V10 5,2 de 525 chevaux ont été quelque peu revisitées, mais la nouveauté, c’est bien le V10 Plus qui affiche un poids en baisse de cinquante kilos, et qui revendique le 100 km/h atteint en 3,5 secondes. Ce qui représente 1,1 seconde de mieux que l’ancien V8, 0,8 que le nouveau V8, quatre dixièmes de mieux que l’ancien V10 et un dixième de plus que le nouveau V10. Ce n’est pas rien à ce niveau !

Est-ce à dire pour autant que cela justifie une augmentation de prix assez substantielle (voir ci-dessous) ? Sans doute pas, mais la plupart de ceux qui peuvent sortir 158.000 € peuvent probablement tout aussi bien en donner 178.000. Ce sont quand même des engins magnifiques, mais réservés à une élite financière. Ce qui n’enlève rien au plaisir extrême que l’on peut ressentir à faire galoper et à maîtriser ces 550 pur-sang, à la fois sauvages mais extrêmement dociles.

© La Dernière Heure 2012