Auto-moto L’essai étonnant d’un demi-siècle de modèles d’une marque mythique

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ROME Lorsque, le 2 juin 1952, Harlow Curtice, président de General Motors, et Thomas Keating, directeur de Chevrolet, donnèrent leur feu vert pour la production, sous le nom de Corvette, du prototype EX-122, ils ne se doutaient sans doute pas que la Corvette allait devenir une voiture mythique, une marque aussi adulée aux Etats-Unis que Ferrari en Europe.
Depuis lors, 1,2 million de Corvette ont été produites sur cinq générations dans les usines Chevrolet du Michigan, du Missouri et du Kentucky:
• La C1, qui englobe les modèles de 1953 à 1962.
• La C2, connue sous le célébrissime nom de Sting Ray, produite de 1963 à 1967.
• La C3, dite bouteille de Coke, de 1968 à 1982.
• La C4, de 1984 à 1996.
• La C5, de 1997 à nos jours.

Pour fêter dignement cet événement, GM avait réuni, en Italie, tous les différents modèles de Corvette produites depuis l’origine, toutes en parfait ordre de marche, et appartenant, pour la plupart, à des collectionneurs suisses. Sans oublier, évidemment, l’imposante dernière, qui s’appelle, d’ailleurs, Cinquantième anniversaire. Celle-ci est équipée en série de la suspension sophistiquée à amortissement magnétique. (Magnetic Selective Ride Control System). Ce système propose deux modes de fonctionnement, Sport et Tour, ce dernier étant plus orienté confort.
Nous ne nous attarderons pas sur cette dernière-née qui, en dehors du système ci-dessus, est la même que celle dont nous vous avons proposé un essai détaillé.
Revenons plutôt à ses aïeules.

360 chevaux en 1955!

La première Corvette, la C1, était un cabriolet deux places d’une ligne à couper le souffle. C’est la voiture qui imposa, notamment, la mode des ailerons. Carrosserie en fibre de verre, hard-top de série, grille de calandre en dents de prédateur, des phares dissimulés derrière une grille protectrice, c’était spectaculaire.
En 1958, la Corvette fut la première voiture à disposer de quatre phares ainsi que de feux arrière ronds. Du côté du moteur, la C1 était équipée d’un 6 cylindres de 3,8 litres à sa naissance, et de V8 4,3 puis 4,6 puis 5,3 allant jusqu’à 360 chevaux dès 1955.
C’est la forme du squale, du requin, qui fut adoptée sur la C2. Des formes plus anguleuses, avec feux escamotables, flancs creusés caractérisaient le coupé comme le cabriolet. Ce modèle, sans doute le plus célèbre, était connu sous l’appellation Sting Ray, du nom de la course où elle fut présentée en avant-première en 1959. Avec une importante innovation technique: le pont arrière suspendu au châssis et les roues indépendantes. Et l’arrivée des freins à disques, du double circuit de freinage et d’un moteur extraordinaire, qui nécessita l’excroissance du capot: le V6 big block de 6,5 puis 7 litres qui développait 450 chevaux pour un couple de 554 Nm. Ce qui permettait d’atteindre le 100 à l’heure en 4,8 secondes!

Jusqu’à 7,4 litres!

La troisième génération (C3) ne manquait pas davantage d’innovations techniques comme le pot catalytique ou la suspension à ressorts composite, mais c’est surtout à cette époque que la course à la performance et à la cylindrée atteignit son apogée : entre 70 et 74, les Corvette furent les plus puissantes jamais produites : 7,4 l de cylindrée.
La quatrième génération (C4) marqua un certain retour à la raison. Un dessin épuré, des lignes plus fonctionnelles, mais enfin un Cx favorable de 0,34. Pour mieux répartir les masses, le moteur fut repoussé vers le centre du véhicule; on vit arriver l’ABS et l’antipatinage, le pneu anticrevaison ainsi que la boîte à six vitesses, mais le moteur fut réduit à 5,7 litres pour 405 chevaux.
Enfin, la génération actuelle (C5) aux accélérations foudroyantes (4,7 secondes pour atteindre le 100), un modèle sans cesse amélioré depuis sa naissance en 1997, dont nous vous avons déjà parlé en détail.

Sans assistance...

En fin de compte, après des étapes d’une soixantaine de kilomètres chacune, sur des routes difficiles de l’Ombie, au volant de chacun des modèles, on oublie vite ce que l’assistance a progressivement apporté au pilote au fil des années. A peu de chose près, la puissance n’a guère augmenté et a même parfois diminué, et entendre tourner le V8 d’il y a cinquante ans procure le même plaisir que les motorisations d’aujourd’hui. Mais rouler vite, avec des voitures lourdes et puissantes, sans assistance de freinage, sans assistance de direction et avec, précisément, une direction assez approximative, avec un volant fin et énorme, avec une boîte manuelle à trois rapports de vitesse, avec des pneus qui paraissent préhistoriques, tout cela nous rappelle que les pilotes d’époque devaient être tout sauf des pinces. Il n’empêche que ce retour au rêve américain des années cinquante, même loin de la Route 66, c’était un pied extraordinaire.