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Les voitures bénéficient d'un traitement de faveur avant et après le Heysel, un salon où il se passe toujours quelque chose...


Elles sont belles, ces voitures, toujours propres et brillant de mille feux. Logique, elles sont là pour vous faire de l'oeil et vous inciter à passer à l'arrière... du stand afin d'éventuellement signer un bon de commande. Si vous êtes un habitué du Salon, vous avez déjà remarqué ces « petites mains », armées d'un chiffon doux et d'un plumeau, qui chassent toute trace sur les carrosseries. C'est que les mains des curieux se posent partout, laissant des traces heureusement délébiles.

Il faut savoir cependant que ces autos, pour être jolies, subissent un traitement spécial bien avant l'expo. «On a tous nos méthodes, dit Christophe Vloebergh de chez Mercedes, mais, chez nous, les voitures passent par les ateliers pour un traitement spécial, un polish lustrant bien sûr, mais aussi quelques adaptations électriques et électroniques, par exemple, pour bloquer les phares sur une position (feux de croisement), ou pour pouvoir relier les autos sur le 220 V afin de ne pas épuiser les batteries. »

Même son de cloche chez Opel, où les voitures destinées aux différents salons ont un code spécifique pour la préparation. « De manière générale, on enlève tout ce qui n'est pas nécessaire, comme les tapis de sol par exemple, explique Michel Retour, attaché de presse chez Opel.

« Chez Suzuki, en plus du simonisage des carrosseries, on s'applique aussi à faire briller les moteurs, avec un produit adapté, » souligne Bart Hendrickx, chargé de la communication.


Et après le Salon ?


Quand les lumières du salon s'éteignent définitivement, les véhicules retrouvent le fonction première. « Les voitures des stands servent comme véhicules de fonction pour le personnel d'Opel », précise Michel Retour. «Chez Renault, une grande partie des voitures nous sont prêtées par le siège, car elles sont destinées pour les salons. Elles retournent donc en France, » souligne Régine Bartholomé, chargée de la communication du constructeur français. « Le solde est mis à disposition du réseau qui peut éventuellement les revendre avec des conditions 'voitures d'occasion'. »


Chez Fiat, on fait un peu de tout. « ces voitures nous appartiennent, » explique Dominique Fontignie, attaché de presse du groupe FCA. « Après le salon, elles sont entièrement vérifiées et, si nécessaire, reconditionnées à neuf. Les parties qui demandent parfois une intervention sont les bas de portes (lorsque les visiteurs entrent et sortent de la voiture) et les housses des sièges qui sont souvent renouvelées. Après cette remise à neuf, les voitures sont utilisées soit comme véhicules de fonction ou dans nos pools de voitures (presse, fleet, etc) ou simplement vendues à des clients. »


Des chapardeurs bien organisés


Pour le reste, il se passe toujours des choses au Salon. «Nous avons reçu la Princesse Astrid sur le stand Fiat vendredi dernier lors de l’inauguration, poursuit notre interlocuteur, elle est tombée sous le charme de la Fiat 500 Riva, en nous parlant de sa belle-fille d’origine italienne, qu’elle dit intéressée par le modèle. À un moment, alors que tous les médias étaient autour de nous, elle n’a pas hésité à nous demander une petite ristourne, comme le ferait finalement n’importe quel client. »


Parfois aussi, des choses disparaissent. C'était beaucoup le cas des pommeaux de levier de vitesse, avant qu'ils ne deviennent fixes, ou des allume-cigares, lesquels se font plus rares désormais. « Mais un jour, on nous a piqué une roue de Formule 1 exposée sur le stand, intervient Christophe Vloebergh encore médusé. « Et je me souviens, interrompt Bart Hendrickx, que chez Mercedes déjà, il y a quelques années, deux gars, déguisés en mécaniciens, avaient démonté et emporté, devant tout le monde, la banquette arrière d'un véhicule du stand ! »

Ce qui fait réagir Michel Retour, de chez Opel : « on nous a volé une roue de secours pendant un salon de Bruxelles. Vous imaginez la scène ?"

Deux filles se battent pour un garçon!


"Et en parlant de scène cocasse, poursuit Michel Retour, nous avons aussi dû un jour intervenir pour arrêter un couple qui était sur le point de faire l'amour. C'était vraiment limite ! »

© D.R.

On terminera par une anecdote presque du même genre chez Suzuki, où, systématiquement, les jolies filles abondent. «Bien sûr, il se trouve toujours quelques garçons trop entreprenants vis-à-vis de nos hôtesses, mais on gère ça, » conclut Bart Hendrickx. « Par contre, il est arrivé que deux de nos hôtesses se crêpent littéralement le chignon – c'était même une sacrée bagarre - , dans les coulisses, pour un de nos mannequins masculins qui les avait toutes les deux draguées. » Eh oui, il se passe toujours quelque chose au Salon.