Auto-moto Le Plastic Odissey produit son propre carburant à partir des emballages plastiques qu’il récolte en mer


Une fois n’est pas coutume, on vous parle ici non pas d’une auto mais d’un bateau. Un bateau très spécial qui ouvre peut-être une porte sur la solution à l’un des plus grands fléaux actuels en matière de pollution, celle qui voit le plastique, sous toutes ses formes, envahir les océans, jusqu’à atterrir dans l’estomac des poissons…

Le Plastic Odissey est, en quelque sorte, la vitrine d’une technologie nouvelle qu’une équipe de jeunes entrepreneurs français veut mettre à la portée de tous. Ce catamaran de 25 mètres entend exploiter cette technologie pour sillonner la planète en transformant une partie du plastique récupéré pour son propre carburant. L’expédition devrait partir en novembre 2019 et comptera une trentaine d’escales jusqu’en 2022. Avant cela, un prototype de six mètres, Ulysse, sera mis à l’eau à Concarneau à la mi-juin et participera à une dizaine d’événements dans l’Hexagone.

Trois machines embarquées!

Le Plastic Odissey embarquera un capteur infrarouge pour trier les différents déchets récupérés à chaque escale. Une machine extrudeuse se chargera de fondre certains plastiques pour les transformer en matières commercialisables. Et pour produire l’énergie nécessaire à sa propulsion, le navire utilisera un système dit pyroliseur capable de convertir tout type de plastique non-recyclable en carburant. D’après les premiers tests, en trois heures de traitement, le procédé pourrait produire 45 litres de diesel et 15 litres d’essence…

Pour le moment, l’équipe développe donc un petit capteur optique capable de trier 10 catégories de plastiques différents. “Il coûtera moins de 100 € alors que les modèles actuels sont vendus environ 15.000 €”, précise l’un des membres. La 2e machine permet de transformer directement les plastiques en objets (bassines, seaux, poteaux, briques ou tuiles). Le coût de cette machine devrait être compris entre 10.000 € et 20.000 €. La 3e machine fonctionne sur un système de pyrolyse qui permet, pour chaque kilo de plastique traité, d’obtenir environ un litre de carburant (diesel et essence). Ces machines (dont la production en série débuterait en 2024) sont destinées à de petits entrepreneurs locaux dans les zones côtières les plus polluées. Elles peuvent être utilisées ensemble ou séparément…