Auto-moto Cisoing, une petite ville du Nord de la France vient de se doter de ce système après
l’Inde, l’Islande et... la Belgique où un passage de ce type est en test avenue Voltaire, à Schaerbeek.

Vous serez d’accord avec nous, a priori, ce passage pour piétons ressemble davantage à une œuvre d’art, qui aurait été réalisée par un maître es graffitis, qu’à un de ces endroits où nous avons tous l’habitude de traverser.

Et pourtant, il est bien réel et semble exercer une action positive sur les automobilistes qui les abordent, les incitant à freiner davantage, grugés par l’illusion d’optique leur faisant croire à des blocs surélevés, lequels pourraient abîmer leur précieuse auto s’ils les abordaient à trop vivre allure.

L’idée de base vient d’Inde, qui cumule un trafic urbain intense et une démographie galopante. Le système a été pour la première fois utilisé à Islamabad où, apparemment, les statistiques de mortalité concernant les usagers faibles sont affolantes. Depuis que ces passages ont été généralisés, le nombre de piétons renversés aurait fortement diminué.

© Rachel Somers
Nous avons retrouvé trace de ce genre de dispositif en Islande et, depuis peu, le maire de Cisoing, une commune qui est généralement plus citée lors de la course cycliste Paris-Roubaix que pour ses initiatives de sécurité, vient d’en faire implanter deux exemplaires sur son territoire. L’idée a même fait son petit bonhomme de chemin jusqu’à Shaerbeek, à l’avenue Voltaire, où la commune bruxelloise teste un dispositif similaire depuis le début du mois d’octobre.
© Rachel Somers

Le processus de peinture en 3 D est assez simple, mais il fallait y penser. Certes, ces passages créant cet effet visuel coûtent deux fois plus cher que les passages classiques pour piétons, mais bien moins que ces dos d'ânes si désagréables pour les automobilistes.

À noter quand même que l’illusion de relief et de hauteur ne fonctionne que dans une direction. Il convient donc d’installer un tel passage piétons dans chaque sens de circulation. D’où le coût plus élevé.

Reste à voir, bien entendu, si le phénomène d’accoutumance pour les automobilistes habitués à passer à l’endroit de ces passages en 3 D ne les incitera pas, ne fût-ce qu’inconsciemment, à moins ralentir avec le temps. Ce qui n’est pas le cas avec nos sacro-saints gendarmes couchés.