Consommation

Avec Materialise, nous avons un expert mondial, économique, technologique, costaud, à notre estrade de témoins pour expliquer ce qu’est réellement l’impression 3 D. Avec imprimante-3d.be, jeune et petite entreprise récemment lancée à Ixelles, on appelle à la barre Yahya Hamwi (le commercial) et son frère Omar (le technicien).

Dans leur modeste labo, il y a comme une ambiance de garage Jobsien, pour écumer l’image d’Épinal. Et l’impression de bosser avec enthousiasme sur un truc plus gros qu’eux, "dont personne ne sait encore où il s’arrêtera". "À la base, notre but était de distribuer des imprimantes 3 D, explique Yahia . Mais on a élargi nos activités, et, aujourd’hui, on est plus dans l’impression pour nos clients, que la vente de machines."

C’est que la démocratisation, bien qu’on en parle beaucoup, reste marginale. "Selon moi, 2014 sera l’année de l’imprimante 3 D. Parce que les machines sont encore difficilement trouvables et que la production reste limitée. Mais cela bouge, vite et fort."

Néanmoins, Yahia tient à dégonfler le soufflé, ou plutôt à le relativiser. "Le quidam, sans connaissances, ne pourra pas de sitôt imprimer ses chaussures", rit-il. "Mais imaginez une poignée de porte cassée, la création d’une figurine, le cache de la batterie de votre PC portable,… L’impression d’objets 3 D permet de répondre, déjà aujourd’hui, de manière réaliste à ce genre de besoins."

Mais dans le fond, comment ça marche ? Omar prend le relais. "Pour les applications grand public, deux matières plastiques servent de matière première : l’ABS ou le PLA. Elles se vendent sous forme de rouleaux de fils. Ces filaments alimentent une buse, dans la tête d’impression, qui évolue sur trois plans dimensionnels. La chaleur fait fondre le plastique, et la buse dépose, couche après couche, la matière, jusqu’à la construction de l’objet. C’est un fichier CAO (Conception Assistée par Ordinateur) qui sert de guide à l’imprimante. Fichier créé par un logiciel 3 D, mais dont il existe aussi des modèles tout faits à télécharger."

Bémol : le temps mis en œuvre pour l’accouchement définitif de l’objet. Soit 20 minutes pour le bracelet monochrome de notre démo, conçu par la Makerbot Replicator 2, une machine à 1.500 € tout de même. Une chaîne prendra six minutes.

"C’est certain, reprend Yahia, l’impression 3 D, niveau grand public, comporte un lot de contraintes qui feront en sorte que, jamais, on n’aura tous notre imprimante 3 D à la maison. Dire l’inverse, c’est vendre du rêve. Mais cela ne veut pas dire que la technologie n’est pas porteuse de business et d’emplois : le monde du logiciel 3 D et de l’infographie est également en ébullition."

L’objectif des frères Amwi : ouvrir le premier store d’imprimantes 3 D à Bruxelles. Question de semaines…