Consommation Delhaize retoqué par la cour d’appel : l’enseigne ne pouvait affirmer que sa pâte à tartiner était moins grasse et si chocolatée…

L’entreprise Ferrero, qui produit le célèbre Nutella, a finalement obtenu gain de cause, hier, devant la cour d’appel de Bruxelles, face à Delhaize à qui le premier juge était favorable. La maison mère de la chaîne de supermarchés devra verser une astreinte plafonnée à un million d’euros si elle ne retire pas ses publicités pour sa pâte à tartiner Choco .

L’affaire débute en septembre 2013, quand Delhaize lance, en pleine polémique sur la dangerosité de l’huile de palme, une nouvelle pâte à tartiner aux noisettes appelée Choco. La communication qui va avec est musclée et annonce que cette pâte révolutionnaire est garantie sans huile de palme. Sans le dire clairement : un sacré caillou dans le jardin des délices du géant Ferrero.

Et ce dernier ne se laisse pas faire. D’autant que la polémique autour de l’huile de palme a lourdement grévé ses ventes, notamment en Belgique. En 2012, Nutella représentait 66,5 % des ventes de pâtes à tartiner en grande distribution contre 60,8 % fin 2014.

En février 2015 , une plainte est déposée par l’entreprise de confiserie-chocolaterie italienne. Elle considère que ces communications sont illégales, trompeuses, dénigrantes et mensongères. Le premier juge, en février 2016, avait entièrement donné raison à Delhaize. Le tribunal avait estimé que l’on pouvait intituler Choco un produit au simple goût de chocolat. Et que la campagne de communication sur les méfaits de l’huile de palme n’avait rien d’illégal.

La cour d’appel a pris un virage à 180 degrés. Elle a estimé, hier, que la campagne de communication était une "publicité comparative illicite" car ne prouvant pas l’impact environnemental de l’huile de palme ni des huiles de tournesol, coco et beurre de cacao utilisés dans la pâte Choco .

La cour d’appel épingle aussi Delhaize pour avoir écrit dans ses publicités que la pâte Choco était bonne pour la santé. Et elle la punit pour avoir " suscité des doutes quant à la sécurité et l’adéquation nutritionnelle" de ses concurrents comme Nutella. Enfin, l’allégation "contient 48 % en moins de matières grasses que les pâtes à tartiner traditionnelles" est retoquée car, selon la cour, "cette information est fausse".

Dernier point, et pas le moindre : l’intitulé Choco est lui-même remis en question car utilisant le terme "chocolat alors qu’elle n’en contient pas" . Une décision salée pour la marque au Lion.