Consommation Les légumes cultivés seront vendus dans le supermarché.

Les clients du Delhaize Boondael pourront, dès le printemps prochain, acheter des tomates, aubergines et salades cultivées un étage plus haut, sur le toit même de leur supermarché. "Impossible d’avoir une filière plus courte" , a souligné Denis Knoops, CEO de Delhaize Belgique en présentant ce projet.

Il s’agira d’une primeur pour la grande distribution en Belgique, lorsque le toit ondulé accueillera vers le mois d’avril 2017 un potager de quelque 320 m2, dont la moitié recouvert d’une serre.

Le projet a mûri pendant 2 ans. "Il fallait trouver des toits disponibles capables de supporter la charge", explique Marie Delvaulx, Sustainability Manager chez Delhaize.

Il a ensuite fallu choisir les légumes à cultiver. Un agronome s’en est chargé. Il y aura des salades, cultivées à la fois dans le potager et dans la serre en hiver. "Vu le temps de pousse des plants de salades, cela permettra de faire une quinzaine de récoltes par an", explique Simon.

Les aubergines et les tomates cultivées seront des espèces moins courantes que celles proposées en rayons." Nous allons proposer des variétés plus anciennes, qui supportent mal le transport", souligne Sven Van de Voorde, acheteur fruits et légumes.

La fraîcheur sera l’un des arguments de vente. Ces légumes seront mis au régime bio mais ne pourront être vendus comme tels. La raison ? Pour être bio, explique Delhaize, la culture doit être faite en pleine terre.

Combien coûteront les légumes ? "Leur prix sera positionné entre l’offre traditionnelle et les produits bio", note encore Sven Van de Voorde.

Le projet ne s’arrête pas là. "C’est bien plus qu’un potager sur toiture", remarque Denis Knoops. Le personnel et les clients seront invités à venir donner un coup de main à Simon. Des visites seront organisées, notamment pour les écoles.

Des potagers supplémentaires devraient éclore sur les toits d’autres supermarchés Delhaize, après analyse de cette première expérience tentée en région bruxelloise.


Les jardins d’entreprise poussent comme des mauvaises herbes

Cultiver son potager en ville est un phénomène tendance partout en Belgique, surtout à Bruxelles. Initiatives citoyennes, individuelles ou d’entreprises, l’agriculture réinvestit les rues de la capitale.

En fait, les rues sont les seuls endroits de la ville qui ne sont pas envahis par des plantes. Que ce soit les toits, les sous-sols, les parcs, les balcons ou le moindre espace potentiellement vert le long des voies ferrées, les Bruxellois regorgent d’idées pour faire revenir leurs plantes. "Au total, la surface exploitable sur les toits de Bruxelles s’élève, selon nos estimations, à 220 hectares de surfaces exploitables. C’est un potentiel énorme. Bruxelles est une des capitales qui a le potentiel le plus prometteur", insiste la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Frémault (cdH).

Les initiatives comme les champignons de Bruxelles, aujourd’hui Delhaize, mais aussi Elia ou Colruyt, prouvent que "le secteur privé commence à se rendre compte de la grande mutation qui a lieu dans les mentalités".

Et ces démarches privées sont forcément accueillies les bras ouverts par le monde politique.

Pour rappel, la ministre Frémault veut miser sur l’économie circulaire pour réduire l’impact environnemental des Bruxellois. La première partie du plan consiste à réduire le gaspillage. La deuxième partie vise, elle, à booster la production locale. "D’ici 2035, 30 % des fruits et légumes consommés à Bruxelles seront issus de la production locale, c’est l’objectif."

Les initiatives comme celle du Delhaize de Boondael sont donc forcément les bienvenues.

Au total, la capitale compte 255 hectares de terres agricoles de pleine terre. Donc, en plus du potentiel des toits, on arrive à 475 hectares de surfaces cultivables.

Et dans ce calcul, les sous-sols et balcons ne sont pas pris en compte.

À l’IBGE (Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement), cela va faire cinq ans que les employés cultivent à leur travail. Les entreprises privées comme publiques voient dans ces corporate gardens (comprendre jardins d’entreprise) un moyen de valoriser des espaces urbains à moindre coût, ainsi qu’un outil de bien-être au travail.