Consommation Nespresso envoie 1 capsule sur 5 en Belgique pour recyclage. Mais milite pour qu’on puisse les jeter dans le sac bleu ou mauve

Même si Nespresso, leader du café proportionné dans le monde comme en Belgique, se démène, en tant qu’entreprise, pour prendre des virages durables (lire ci-contre), arrive-t-il à embrigader les millions de consommateurs de ses petits noirs ou lungo sur la même voie? L’utilisation de capsules en aluminium à usage unique n’est pas le plus écologique des procédés.…sauf recyclage adéquat.

"Pour l’instant, en Belgique, une capsule consommée sur cinq par nos clients nous est remise pour recyclage adapté, nous confie Brema Drohan, responsable du marché belge de Nespresso. C’est-à-dire qu’elles sont soit ramenées en boutique Nespresso dans le sac prévu, soit remises à nos livreurs lors des livraisons, soit, encore, déposées en points relais. Une sur cinq, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Nous sommes pourtant capables de recycler 100% de la consommation, au centre de tri des Pays-Bas où sont envoyées les capsules belges. Vu l’absence de réseau de recyclage public adapté en Belgique, nous avons dû développer nous-mêmes une solution, mais nous pensons que pour accroître le taux de recyclage de nos capsules, la solution ne passe pas par le fait d’imposer un sac de plus dans la cuisine des consommateurs. Mais bien que l’on puisse, en Belgique, jeter les capsules usagées dans les sacs PMC (bleus à Bruxelles et en Flandre, mauve en Wallonie, NdlR) . Ce qui n’est malheureusement pas encore possible."

En France, en Allemagne , en Finlande ou en Suède, c’est pourtant le cas. "Mais nous menons des discussions, notamment avec l’AREME (Association de recyclage des emballages légers et objets assimilés au métal), afin d’aller vers cette solution en Belgique aussi. Le défi, technique, est de disposer d’un outil de recyclage adéquat pour séparer le résidu de café, fertilisant naturel de grande valeur, de la capsule. Nous espérons pouvoir aboutir en 2019."

Au cabinet du ministre wallon de l’Envionnement Carlo Di Antonio (CDH), si l’on ne se dit "bien entendu pas réfractaire au projet", on nous informe "ne pas avoir encore entamé de discussions en ce sens".

Du côté de Bruxelles, au cabinet de Fadila Laanan (PS), même son de cloche. La secrétaire d’État se dit "favorable à l’idée, à condition que nos acteurs de terrain nous indiquent que ce soit techniquement faisable, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui."

Bref, ce n’est pas encore demain que vous pourrez jeter vos Ristretto usagés dans le sac PMC...

Quant au choix de l’aluminium, Nespresso le soutient mordicus : "C’est non seulement le meilleur matériau pour enfermer les arômes du café, mais c’est un métal parfaitement recyclable, pratiquement à l’infini."

"Objectif 100 % de café durable en 2020"

Vous avez peut-être remarqué le virage : le dernier spot publicitaire de Nespresso ne met pas en scène George Clooney, son costume et ses amis d’Hollywood. Diable, point même de "What Else ?" En revanche, on y découvre la façon dont l’entreprise suisse, sœur de Nestlé, agit et affecte durablement le quotidien des producteurs de café bien loin de chez nous, de la Colombie au Brésil en passant par l’Éthiopie ou le Kenya. Un revirement que la société revendique fièrement, près de 15 ans après le lancement de son programme AAA.

Objectif ? S’entourer d’ONG (Rainforest Alliance et Fairtrade) pour faire d’une pierre deux coups : d’une part, s’assurer de la production suffisante des grains les plus qualitatifs venus d’ici et d’ailleurs. D’autre part, garantir aux agriculteurs, pour ce faire, de meilleures conditions de travail, de vie et d’accès à la pension tout en préservant leur environnement.

Le programme AAA permet de venir en aide à 70.000 caféiculteurs dans 12 pays du monde. Et Nespresso n’est pas peu fier de pouvoir informer que 87 % du café qu’il vend est issu du programme AAA. "Avec l’objectif, ambitieux, d’arriver à 100 % d’ici à 2020, nous confie Brema Drohan, manager de Nespresso Belgique. Il faut comprendre que sur l’ensemble des grains de café produits dans le monde, seuls 10 % font partie des cafés Premium. Quant à Nespresso, seuls 2 % satisfont à nos standards d’exigence. En plus de notre responsabilité en matière de durabilité, il était donc vital pour nous de pérenniser cette production."

Pour fêter l’événement, la firme ne se contente pas de pouvoir, à partir d’aujourd’hui, afficher le logo Rainforest Alliance sur ses étuis de capsules. Elle lance aussi ses deux premiers cafés certifiés Fairtrade, en pleine semaine du commerce équitable en édition très limitée. L’un est issu de Colombie, près de Medellin, l’autre d’Éthiopie.