Consommation La mesure (anti-terroriste) n’a pas encore été intégrée par tous. Pourtant, le 8 juin, l’accès réseau sera fermé à tout client non identifié !

Le chrono tourne : il ne reste qu’un mois avant que les utilisateurs de cartes téléphoniques prépayées non identifiés ne se voient refuser l’accès au réseau GSM. Bémol : malgré une communication proactive mise en place chez tous les opérateurs mobiles depuis de nombreuses semaines, le solde de clients belges encore non identifiés à 30 jours de l’échéance est… considérable. Ce qui s’explique, notamment, par le fait que la clientèle historique de ce type de cartes (beaucoup de jeunes ados, mais aussi de seniors) n’est pas forcément la plus réactive à cette obligation d’identification.

Il est estimé à quelque 900.000 personnes : +/- 200.000 clients chez Base, 300.000 clients chez Orange et 400.000 chez Proximus. Opérateurs auxquels il faut encore ajouter une foultitude de plus petits joueurs (Lycamobile, etc.). Bref, il reste du boulot !

"Chez Proximus, environ 30 % de notre clientèle prepaid n’a pas encore entrepris les démarches d’identification", nous expliquait hier après-midi Dominique Leroy, patronne de Proximus, à l’heure de commenter les (solides) résultats financiers du groupe. "Ce n’est pourtant pas faute d’avoir enjoint notre clientèle à effectuer la démarche : mails, SMS, campagnes de communication…" Sur le fond de la mesure, pour rappel votée en plein climat de menace d’attentat et alors que notre pays est toujours en niveau d’alerte 3, la CEO se range sans équivoque derrière les autorités. "N’oublions pas que l’enjeu est notre sécurité à tous. Bien entendu, cela a représenté un investissement assez lourd pour les opérateurs… Certains ont d’ailleurs tout simplement cessé la commercialisation de cartes prepaid, pour éviter le challenge administratif. Cette mesure requiert, dans notre chef une dépense en temps, en énergie, en euros, considérable. Un vendeur, en boutique, qui fait des identifications toute la journée, il ne fait forcément pas autre chose…"

Chez Orange, il nous revient qu’on tourne autour d’un ratio à peu près semblable : un petit peu plus de 60 % de clients prepaid identifiés, donc encore 4 sur 10 qui doivent effectuer la démarche. Chez Base, qui a promu le processus en circulant avec une camionnette où les clients pouvaient effectuer la procédure d’identification , on est sur un ratio un poil meilleur : "On a identifié environ 3 clients actifs sur 4 à ce jour." Des clients Base, mais aussi Allo RTL, Jim Mobile et Türk Telekom; pour ne citer que quelques-uns des MVNO (Mobile Virtual Networs Operators) sous l’égide de Base.

Rappelons qu’à partir du 8 juin, tout utilisateur d’une carte prépayée émise par un opérateur belge non identifié ne pourra plus accéder au réseau (la mesure ne concerne pas les clients qui disposent d’un abonnement, forcément identifiés).

Précisons enfin que pour s’identifier, il suffit de se rendre dans l’une des boutiques de l’opérateur qui vous dessert, avec votre carte d’identité. La démarche est également possible en ligne, via les sites web des opérateurs, au moyen d’un lecteur de carte d’identité, de votre eID... et du code PIN idoine.

Bug à la facturation : trois factures pour le prix d’une !

En janvier dernier, le système de facturation de Proximus a connu des ratés. Certains clients (impossible de connaître leur nombre, malgré nos demandes) se sont retrouvés sans facture pour les mois de février, mars et d’avril. Bonne nouvelle ? Oui mais très temporaire : ce mois-ci, Proximus a régularisé la situation. Ce qui fait, pour certains clients avec plusieurs produits (Tuttimus, par exemple), une ardoise à payer d’un coup pouvant parfois dépasser les 500 € !

Grand prince, l’opérateur, qui s’excuse par lettre de l’erreur interne, accorde… 15 jours de plus pour régler la somme. Soit un délai d’un mois au lieu de trente jours. Bien entendu, le client lucide aura provisionné la somme en ne voyant pas les factures arriver. Mais le client avec domiciliation active, lui, pourrait prendre une grosse claque en découvrant l’affaire et le montant à rattraper…

Proximus nous fait enfin savoir que la demande d’un plan d’étalement de payement, à discuter avec son service clientèle, est possible pour les personnes concernées par l’incident.