Consommation

C’est la crise chez Delhaize. 

Le mouvement de grève entamé cette semaine dans quelques enseignes a fini par faire contagion. Hier, pas moins de 15 points de vente avaient décidé de baisser le volet. Les employés du groupe de grande distribution protestent contre les suites du plan de restructuration de 2014. Le mouvement avait débuté vers 9 heures en région bruxelloise dans les magasins Léopold III, Defré, Fort Jaco et Arbre Ballon. Il s’est étendu en cours de matinée à plusieurs autres magasins à Bruxelles, ainsi qu’en Wallonie (Mons, Épinois) et en Flandre, selon le SETCa.

Du côté de la direction, on déplore bien entendu cette action qui prend de l’ampleur. "Le plus important pour nous, c’est que les consommateurs puissent à nouveau, le plus rapidement possible, faire leurs achats dans nos magasins , souligne Roel Dekelver, directeur de la communication chez Delhaize. Nous souhaitons ouvrir le dialogue social le plus rapidement possible et nous aurons d’ailleurs lundi plusieurs réunions de concertations pour apaiser les travailleurs. Je sais qu’on avance des chiffres de 10 à 15 personnes en moins par magasin, mais il n’y a pas de règle aussi stricte qui a été établie. Chaque cas doit être analysé individuellement et c’est pour cela que nous ne nous avancerons pas sur des plans stratégiques dans la presse. Nous savons qu’une telle communication ne serait pas judicieuse. C’est autour de la table qu’on doit trouver les solutions et pas dans la presse."

Difficile, donc, de savoir quelle sera l’issue de ce conflit social avant que tous les acteurs ne soient réunis. Il y a donc de grands risques que votre Delhaize en grève ce vendredi garde ses portes closes ce week-end.

Du côté des syndicats, on n’est en tout cas pas près de baisser la garde. "Chaque magasin doit fonctionner avec 10 à 15 personnes en moins" , souligne Rosetta Scibilia, déléguée CNE. Le service à la clientèle et l’approvisionnement des rayons en subissent les conséquences, ce qui a également un impact sur le chiffre d’affaires. "Nous craignons une nouvelle catastrophe" , sous la forme d’un nouveau plan, poursuit-elle. Le personnel demande un renfort structurel, et non ponctuel sous la forme de CDD ou de contrats étudiants, comme c’est le cas actuellement. "Ces engagements précaires, qui engendrent roulement de personnel, désorganisation, insécurité d’emploi et manque évident d’intérêt du management pour le savoir-faire de la base, ne sont pas une solution efficace au manque de bras" , dénonce le SETCa.